Depuis des années, le monde européen s’affaisse lentement et la France tout particulièrement avec une Ve République dont les présidents se succèdent avec cette caractéristique que le successeur est toujours plus calamiteux que son prédécesseur.
Or, en ce début 2013, le gouvernement connaît deux facteurs d’ébranlement : le scandale Cahuzac et le pseudo mariage sodomite et saphique.
L’affaire Cahuzac montre la corruption de la classe politique régimiste qui ne croit même plus dans le régime dont elle profite tout autant que les liens qui en unissent de manière plus ou moins informelle les membres d’une bout à l’autre de l’échiquier politique.
Surtout, l’affaire du pseudo mariage sodomite et saphique montre la cassure entre une ploutocratie politico-affairiste qui n’a d’autre préoccupation que celle d’imposer son idéologie nihiliste à une société civile qui manifeste avec une vigueur inattendue son refus de la dénaturation de l’institution familiale, tant par l’énorme mobilisation répétée des familles françaises
d’habitude passives que par une détermination farouche à mener une guérilla civique contre les membres d’un gouvernement dont l’entêtement n’est que l’expression de sa médiocrité.
Dans le même temps, accélérant la politique nuisible de ses prédécesseurs, le gouvernement Hollande Ayrault laisse détruire l’industrie française, tandis qu’il continue allègrement à matraquer fiscalement les Français. En conséquence, la crise sociale, frappant les familles, les ouvriers, les classes moyennes, les entrepreneurs, mine la stabilité de la société française conjointement au développement d’un multiculturalisme désintégrateur nourri par une immigration inassimilable. Les classes moyennes, par nature stabilisatrices d’une société, sont en voie de disparition, tandis que les jeunes générations voient les nuages s’accumuler sur leur avenir.
Par leurs caractéristiques et leur développement, les manifestations de ce printemps 2013 constituent le signe d’une situation pré-révolutionnaire. Nous assistons aux premiers craquements systémiques d’un ordre né en 1945 et lui-même héritier de la gangrène qui s’est déclarée en 1789 après plusieurs décennies de gestation.
Certes, les passions actuelles peuvent retomber mais l’affaire de la dénaturation de la famille laissera des cicatrices mal refermées. Les fractures de la société s’accumulent, toujours plus profondes et fragilisent celle-ci insensiblement. Le phénomène qui s’enclenche actuellement est d’une ampleur comparable à celui qui a abouti au bouleversement déclenché en 1789 et jamais achevé, en dépit de la stabilisation du Consulat. Il n’est pas destiné à aboutir à un simple replâtrage du système comme celui de 1958 mais à sa mise à bas et son remplacement par un autre ordre.
Cela va prendre du temps : dans une première phase, il est probable que la ploutocratie dominante parviendra à colmater les fissures ; mais pour quelques temps seulement car le système n’est pas réformable et ceux qui le soutiennent ne sont pas amendables. L’Etat républicain, comme la plupart de ses voisins, ne parvient à assurer ses fins de mois que parce qu’il trouve encore à se financer auprès de fonds souverains. Mais tôt ou tard, cela aura une fin d’autant que l’édifice financier mondialiste fondé sur le jeu et la spéculation est fondamentalement vicié. Alors le système craquera de toutes parts, d’autant plus qu’il développe une idéologie contre nature destructrice de tout ordre social sain.
Il appartient aux nationalistes, nourris de la doctrine nationaliste, d’écrire l’histoire en installant ce nouvel ordre, fondé sur les traditions de notre civilisation plus que millénaire. Des ennemis redoutables, prêts à maintenir coûte que coûte le système mortifère actuel subsisteront ; mais ils seront affaiblis. D’autres forces, soucieuses de rétablissement mais doctrinalement bâtardes, entachées de cet esprit modéré que dénonçait Abel Bonnard (*) et donc nuisibles à l’intérêt de notre peuple et de notre civilisation, seront aussi présentes. Il faudra les vaincre. Pour cela, tout en gagnant les âmes d’un nombre croissant de nos concitoyens, assise indispensable de tout régime, il faut dès maintenant, et plus que jamais, s’unir, recruter et former l’outil victorieux de ce combat. Personne ne le fera à notre place.
MILITANT
(*) Abel Bonnard (1883-1968), poète, romancier et essayiste français, Académicien, ministre de l’éducation du Maréchal Pétain, condamné à mort en 1945 ; auteur notamment du livre Les Modérés en 1936).