jeudi 12 septembre 2013

Un an après l'élection du gouvernement péquiste de Pauline Marois, le combat continue pour la justice sociale et l'émancipation nationale

Un an après l'élection du gouvernement péquiste de Pauline Marois, le combat continue pour la justice sociale et l'émancipation nationale

Déclaration du Cercle Solidaire Québécois

Le 4 septembre 2012 les élections générales québécoises eurent pour résultat la défaite du gouvernement libéral corrompu, détesté et profondément néolibéral de Jean Charest. Il faut dire que la mobilisation massive lors de que l'on a appelé le printemps québécois ou érable, qui a vu des manifestations étudiantes monstres contre la hausse faramineuse des frais de scolarité à l'université décrétée par le gouverment dirigé par le Parti Libéral du Québec, n'a pas été étrangère à cette défaite bien méritée. Le mouvement de contestation a dépassé les seuls étudiants pour se répandre plus largement dans la société québécoise qui était de plus en plus ébranlée par la révélation des scandales de corruption au sein du gouvernement, sans compter l'opposition de plus en grande aux mesures d'austérité et aux coupures dans les programmes sociaux et les services publics.

Le Parti Québécois a pris le pouvoir suite aux élections à la tête d'un gouvernement minoritaire, ce qui impliquait donc la nécessité de compromis avec les partis d'opposition afin de ne pas être renversé en chambre. Les résultats sont très décevants. Au niveau des frais des scolarité universitaires, la hausse tant décriée a été annulé, mais le gouvernement a imposé l'indexation des frais au coût de la vie, ce qui implique une hausse graduelle des ces frais ,même si moins drastique que celle prévue par Jean Charest et ses ministres. On est donc loin du gel immédiat qui était réclamé par l'ensemble du mouvement étudiant, sans parler de la gratuité scolaire, un objectif à long terme qui a réussi à convaincre bien des gens au cours du printemps québécois, et qui figure au programme de partis tels que Option Nationale et Québec Solidaire. La taxe santé de 200$ par personne peu importe le revenu a été maintenue pour l'instant malgré la promesse électorale du PQ de l'abolir. Lesniveau des redevances minières perçues par le gouvernement sur l'exploitation des sites miniers reste très bas pour ne pas faire peur aux grandes entreprises et nuire à leur course aux profits! Les tarifs d'électricité continueront d'augmenter, malgré le fait que l'électricité est produite au Québec par une société d'État, Hydro-Québec, dont les profits sont loin d'être négligeables!

Il y a eu également la controversée réforme l'aide sociale ou aide de dernier recours qui réduit le montant des prestations versées aux bénéficiaires âgés entre 55 et 58 ans, sous prétexte qu'ils peuvent trouver un emploi et que le gouvernement les aidera dans ce but. La réinsertion à l'emploi des personnes qui ne travaillent pas est une excellente chose en soi que nous ne pouvons condamner. Il vaut mieux travailler que de rester inactif. Par contre il y a la réalité du chômage et des pertes d'emploi en ce moment au Québec et le fait que c'est souvent bien difficile pour les gens de 55 ans et plus d'intégrer ou réintégrer le marché du travail. Ce genre de mesures camouflées sous des intentions louables visent surtout à économiser de l'argent sur les dos des démunis au nom de la lutte au déficit, en réduisant de manière substantielle le budget alloué à l'aide sociale. Rien n'a été fait non plus pour améliorer le financement des systèmes d'éducation et de santé qui sont pourtant en crise depuis bien des années. Selon une expression québécoise bien connue, les gens ont l'impression d'avoir échangé "quatre trente sous pour un dollar" avec l'élection du PQ, ce qui veut qu'il agit de la même manière que son prédécesseur et qu'il n'y a pas de changements perceptibles.

Sur le plan de l'émancipation nationale rien n'avance non plus. C'est causé bien sûr en bonne partie par le statut minoritaire du gouvernement Marois, mais depuis de nombreuses années le PQ ne fait rien pour avancer cette lutte et déçoit un nombre grandissant de militants indépendantistes qui se tournent vers d'autres partis comme Option Nationale ou Québec Solidaire. Sur la question de la langue française, le PQ avait concocté le projet de loi 14 qui visait notamment à renforcer l'utilisation du français en milieu de travail, mais ce projet a été mis de côté devant le peu ou même l'absence de soutien des partis d'opposition et Pauline Marois a abandonné l'idée de le faire adopter. En ce moment le PQ a pour objectif de faire adopter une Charte des valeurs québécoises pour imposer une laïcité à la française en interdisant le port de tout signe religieux ostentatoire dans la fonction publique québécoise. Ce qui veut dire pas de voile islamique, pas de kippa, pas de croix trop visibles, de turbans, etc. C'est bien louable, mais ça évite de traiter le véritable problème causé par l'immigration massive, plus de 50 000 immigrants par année au Québec qui a une population d'environ 8 millions d'habitants. Il est suicidaire pour une petite nation comme le Québec d'accueillir autant d'immigrants et c'est impossible de les intégrer solidement et durablement dans notre société. La laïcité ne doit pas non plus effacer notre passé et nos racines catholiques. Le CSQ considère que l'Église catholique a joué un rôle fondamental dans le développement de la nation québécoise, nonobstant certains défauts et travers. On n'a qu'à penser aux Jésuites et aux Dominicains qui répandirent la connaissance de la doctrine sociale de l'Église catholique pour contribuer à la solution des problèmes sociaux du peuple canadien-français tout au long du XXème siècle et au grand historien que fût le chanoine Lionel Groulx qui favorisa le développement de l'histoire nationale.

Pour toutes les raisons mentionnées dans cette déclaration le CSQ préconise de continuer le combat national et social du peuple québécois jusqu'à la victoire et de ne pas se mettre à la remorque des partis de l'oligarchie aussi séduisantes soient leurs promesses électorales.

Richard Chartand pour le Cercle Solidaire Québécois