dimanche 26 mai 2013

Plateforme d'Option Nationale: Pour un Québec souverain

Voici la section 1 de la plateforme du parti indépendantiste québécois Option Nationale. On peut visiter leur site web à l'adresse suivante: www.optionnationale.org


1 – Pour un Québec souverain


L’avenir du Québec passe par les Québécois eux-mêmes. Cela implique que nous puissions prendre nous-mêmes toutes les décisions importantes quant à notre développement collectif. Or, nous sommes actuellement soumis à un système fédéral dans lequel un gouvernement composé aux trois quarts d’élus non québécois nous impose ses lois, perçoit nos impôts et signe en notre nom les traités qui nous lient aux autres nations du monde. Cet état de fait contredit notre liberté de choisir selon nos intérêts. En conséquence, dans un premier mandat, un gouvernement d’Option nationale :

1.1 Fera en sorte que toutes les lois qui s’appliquent aux citoyens du Québec soient votées par l’Assemblée nationale du Québec. Cette dernière se réservera le droit d’amender toute loi fédérale existante au Québec afin qu’elle corresponde mieux à la société québécoise, réaffirmant par le fait même la légitimité démocratique de notre seul parlement national. Un groupe de travail intégrant les nations autochtones du Québec sera formé afin de remplacer la Loi sur les Indiens fédérale par un cadre légal et coopératif qui correspondra mieux à leurs aspirations;

1.2 Fera en sorte que tous les impôts, taxes et contributions fédéraux payés sur le territoire québécois soient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec. La redistribution éventuelle à d’autres instances sera assurée par le gouvernement du Québec, selon les responsabilités respectives reconnues par le gouvernement du Québec;;

1.3 Fera en sorte que tous les traités qui lieront les Québécois aux autres nations du monde soient signés par le gouvernement du Québec. Le Québec respectera le principe de présomption de succession pour les traités existants et participera à la négociation de tout nouveau traité qui l’engagera auprès d’autres pays;

1.4 Fera en sorte qu’une Constitution du Québec souverain soit écrite avec la plus grande participation possible de la population du Québec, accompagnée d’experts en la matière. Cette Constitution définira les institutions du Québec et établira la reconnaissance de valeurs fondamentales telles que l’égalité homme-femme, la justice sociale, le bien-être des aînés, la protection de la langue française, la laïcité des institutions, le respect rigoureux de l'environnement et des principes du développement durable, la préservation du patrimoine culturel québécois et le respect des Premières Nations et de la minorité historique anglophone;

1.5 Fera entériner la souveraineté du Québec et la Constitution du Québec par voie de référendums simultanés ou séparés;

1.6 Reconnaîtra, conformément à la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations Unies, le droit à l'autodétermination de toutes les nations autochtones à l'intérieur d'un Québec souverain.

samedi 25 mai 2013

Guerre en Syrie: victoire de la realpolitik et défaite du mainstream politique?

Article du journaliste russe Alexandre Latsa, publié sur le site francophone Ria Novosti (http://fr.rian.ru ), sur l'évolution des évènements en Syrie qui ne se déroulent pas comme le souhaiterait l'élite mondialiste.




Blog d'Alexandre Latsa: Guerre en Syrie: victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique?


Cette chute de Qousseir, qui résiste au régime depuis plus d’un an, serait stratégique pour l’Etat Syrien et lui permettrait de couper la principale route d'approvisionnement des rebelles dans le centre de la Syrie. L’armée Syrienne devrait ensuite vraisemblablement concentrer ses forces sur Homs, ville que près de 80.000 chrétiens ont fui depuis le début de la guerre et ainsi plausiblement reprendre le contrôle du centre du pays.
On peut imaginer qu'ensuite, le régime décide d’en finir avec Alep et lance un assaut décisif pour reprendre cette ville partiellement aux mains des rebelles, réduisant ainsi à néant toute possibilité pour ces derniers d’en faire un bastion du nord, pourquoi pas même la pré-capitale d’une région indépendante du nord. Le régime Syrien avait du reste lui-même qualifié la bataille d’Alep, qui a commencé en juillet 2012, de mère des batailles.
Ce faisant, le régime resterait sur la tactique qui est la sienne depuis le début du conflit, c'est à dire garder le contrôle des villes et refouler les rebelles dans les campagnes, les empêchant ainsi d’exercer tout contrôle politique.
Il semble donc bien que le gouvernement syrien reprend lentement l'avantage, une situation que la presse occidentale n’arrive même plus à maquiller, après avoir proclamé et martelé pendant deux ans et demi, depuis le début de la guerre civile, que la défaite d’Assad était évidente, certaine et toujours très proche. Cette situation remet de nouveau sur la table le projet de négociations internationales sur la question Syrienne.
Toutefois, c'est une équation totalement nouvelle qui apparait pour ces éventuelles négociations internationales. L'image médiatique de l'opposition en Syrie s'est beaucoup dégradée, sans doute au grand dam de ses sponsors. On parle moins d'opposition démocratique, on décrit maintenant des groupes Djihadistes sans coordination, et les multiples vidéos de tortures et massacres commis par certains de ces groupes armés ont semble t-il considérablement porté atteinte à la détermination de nombre de pays occidentaux d’armer ces mêmes groupes.
Peu à peu, une scission semble s’être en effet créée au sein des partisans du départ d’Assad, qui forment une étrange coalition entre des états occidentaux (Amérique, Israël et nations européennes) et des pays islamo-sunnites, Qatar en tête. Pour les premiers, l’absence d’une opposition politique modérée (laïque titrait même le New York Times) avec la rébellion qui n'arrive pas à contrôler le terrain, et ce malgré deux ans et demie de guerre, pose un réel problème de tactique diplomatique. Pour les seconds visiblement, la montée en puissance du Front Al-Nosra ne semble pas être un problème et l’organisation, qui a affirmé son rattachement a Al-Qaïda, vient d’ailleurs de faire des émules puisque l’opposition Syrienne comprend désormais également une brigade Oussama-Ben-Laden.
Sur le terrain il est sans doute encore très prématuré de parler d’une potentielle victoire d’Assad, militaire ou politique, ou de dire que la Syrie ne se dirige pas vers une partition de fait. Mais sans intervention militaire étrangère, on imagine mal comment l’armée Syrienne, qui a désormais elle aussi le soutien de milliers de combattants étrangers (notamment du Hezbollah) ainsi que directement de l’Iran pourrait perdre cette guerre.
Il y a même une hypothèse selon laquelle la guerre pourrait continuer, même en cas de départ ou d'élimination physique d’Assad, ce reportage d’un journaliste anglais tente de l’expliquer. Cette situation militaire redonne du poids à la position diplomatique russe qui depuis le début de la crise prône une solution politique. La plupart des états qui travaillent sur le dossier Syrien sont sans doute convaincus qu’une défaire militaire totale d’Assad semble de moins en moins probable, malgré les certitudes récentes du MAE Français Laurent Fabius qui n’en finit plus de ridiculiser la diplomatie française durant ce conflit.
Il reste l'idée d'une intervention militaire sur le scénario Libyen, mais visiblement ce n’est plus a l’ordre du jour  et cette fois la diplomatie Russe ne la laisserait pas se mettre en place. La solution diplomatique et politique semble prendre forme puisque des sources diplomatique affirment que Damas a désigné des représentants chargés de négocier avec l'opposition en vue d’une conférence sous égide Russo-américaine devant faire suite à celle qui s'est tenue le 30 juin 2012 à Genève.
Finalement, le conflit syrien qui était présenté comme une lutte de démocrates contre une dictature a complètement changé de visage. Ce délire absolu du mainstream médiatique français, qui a lui par contre totalement perdu cette guerre, ne tient plus aujourd’hui et on voit désormais bien qu'il s'agit d'une guerre stratégique contre l’Etat Syrien, soutenue de l’extérieur, pour que l’axe Chiite (Liban-Syrie-Iran-Sud de l'Irak) perde son influence régionale.
La guerre en Syrie pourrait donc faire apparaitre des réalités inattendues: Marquer le point d’arrêt définitif du printemps islamiste que la région connaît? Faire échouer la politique anti-chiite développée par les Occidentaux en collaboration avec leurs alliés sunnites? Confirmer le statut de la Russie comme protectrice des chrétiens d’Orient et des minorités en Syrie, en lieu et place de l’Europe?

samedi 11 mai 2013

Le Parti Indépendantiste tient à clamer haut et fort son indignation à l'endroit des tractations et manipulations effectuées par des membres de la Cour Suprême du Canada lors du rapatriement de la constitution en 1982

Communiqué du Parti Indépendantiste suite à la publication d'un livre concernant les manipulations éhontées perpétrées par des membres de la Cour Suprême du Canada lors du coup de force constitutionnel du gouvernement canadien en 1982.


Le Parti Indépendantiste tient à clamer haut et fort toute son indignation à l'endroit des tractations et manipulations effectuées par des membres de la Cour suprême du Canada lors du rapatriement de la constitution en 1982.

Mont-Saint-Hilaire, le 13 avril 2013. - Suite à la publication du livre de l’historien Frédéric Bastien " La bataille de Londres"  le Parti Indépendantiste tient à clamer haut et fort toute son indignation à l’endroit des tractations et manipulations effectuées par des membres de la Cour suprême du Canada lors du rapatriement de la constitution en 1982.


Pour le Parti Indépendantiste, enfreindre une règle fondamentale des gouvernements démocratiques, soit celle de la séparation entre les pouvoirs législatif et judiciaire ne pouvait que compromettre d’emblée la légitimité du nouveau régime constitutionnel. Cela remet donc en question toute la légitimité de la Cour suprême du Canada de même que son indépendance devant le pouvoir politique canadien.


Le Parti Indépendantiste demande donc au gouvernement du Québec, ainsi qu’à tous les partis d’oppositions, d’affirmer clairement par un vote unanime de l’Assemblée nationale du Québec, que la constitution de 1982 adoptée par le gouvernement du Canada ne s’applique pas sur le territoire du Québec et que tous jugements et décisions émis en fonction de cette constitution seront maintenant jugés comme étant illégaux et illégitimes sur le territoire du Québec.


Le Parti Indépendantiste demande également à ce que soit clairement établie par un vote de l’Assemblée nationale du Québec, la suprématie du pouvoir législatif représenté par les députés élus par la population sur le pouvoir judiciaire représenté par les juges des différentes cours de justice.




Michel Lepage
Chef du Parti Indépendantiste.

450-536-3343



jeudi 9 mai 2013

Prêt, pas prêts, l'indépendance s'en vient

Voici un texte publié sur le site indépendantiste  http://www.vigile.net/  sur le caractère inéluctable de l'avènement de l'indépendance du Québec.


Prêts, pas prêts, l’indépendance s’en vient
Le processus de dislocation de la fédération canadienne est sur le point de connaître une accélération rapide
par Richard Le Hir
Je le dis et le répète sur tous les tons depuis trois ans ici même sur Vigile, le Canada est mal en point. Vous me direz que sa situation n’est ni meilleure ni pire que celle de bien d’autres pays, et je vous répondrai que la grande majorité des autres pays n’abritent pas en leur sein une nation, reconnue comme telle, qui, dans son cas, entretient l’ambition de devenir indépendante depuis sa conquête par les Anglais sur les Plaines d’Abraham en 1759.
Que l’intensité de cette ambition ait fluctué au cours des ans importe peu. Ce qui importe, c’est qu’elle existe et qu’elle témoigne d’un vouloir-vivre collectif profondément enraciné, un des critères de la reconnaissance des États en droit international. Ce simple fait précarise le Canada comme peu d’autres pays.
Dans ces conditions, lorsque surviennent des événements qui ont pour effet d’ébranler ses fondations, la question de la survie du Canada dans sa forme connue à ce moment-là se pose. C’est le cas à l’heure actuelle, à un degré que le Canada n’a jamais connu, et certainement pas à l’occasion des deux référendums tenus par le Québec en 1980 et en 1995.
Si la question de la survie du Canada s’est alors posée, c’est uniquement à cause de la menace que faisait peser sur son intégrité la perspective de la sécession du Québec. Cette sécession, si elle s’était produite, aurait été la cause du démantèlement du Canada.
Aujourd’hui, la question se pose tout autrement. Le Canada est la proie de forces tant endogènes qu’exogènes avec lesquelles le Québec a peu à voir qui contribuent toutes à sa dislocation. Dans de telles conditions, la sécession du Québec ne serait plus la cause principale du démantèlement du Canada, mais une de ses conséquences qui constituerait pour les Québécois non plus un geste d’hostilité à l’endroit du Canada et des Canadiens, mais un réflexe élémentaire de survie, un sauve-qui-peut lorsque le navire est en train de couler.

Effondrement des fondations culturelles du Canada


La crise que traversent les pays qu’on appelait autrefois développés n’épargne pas le Canada. De tout temps, la capacité des États à résister à ces crises a tenu en large partie à leur degré de cohésion nationale, et cette cohésion est elle-même fonction du partage de certains traits identitaires et culturels qui se traduisent en valeurs communes.
Or ce n’est un secret pour personne que, sur ce plan, le Canada est confronté à de nombreux défis. De façon à maximiser son développement économique, le Canada a ouvert toutes grandes les portes de l’immigration et, croyant se rendre plus attirant, a adopté l’approche multiculturelle, sans se soucier outre mesure de l’intégration de ces nouveaux arrivants.
En quarante ans, le Canada est devenu un méli-mélo de nationalités, une auberge espagnole où chacun a trouvé ce qu’il apportait. Toronto en constitue un exemple parfait. Les nationalités vivent aux côtés les unes des autres dans des villages (euphémisme pour ghettos) sans autre ciment que le commerce.
Quand le commerce prospère, tout va bien, mais dès qu’il bat de l’aile, les fractures communautaires et les tensions ethniques se mettent à apparaître, comme en témoignent certains incidents violents survenus ces dernières années. On ne bâtit pas un pays à coups de centres commerciaux, et le Canada est devenu au fil des ans une longue bande étroite de centres commerciaux qui se suivent les uns à la suite des autres.
Déjà réticents à l’endroit du Canada, chacun pour des raisons qui leur sont propres, le Québec et les Premières Nations constituent autant d’obstacles au développement d’une identité canadienne compatible avec les aspirations de la majorité anglophone, incapable de masquer sa profonde irritation et même son hostilité devant la spécificité linguistique du Québec et l’obligation du bilinguisme qui en découle pour le pays tout entier.
Conscient de la pauvreté des symboles d’union au Canada, le gouvernement Harper a sorti la monarchie des « boules à mites », pensant faire illusion. La tentative est à ce point dérisoire qu’elle a eu l’effet contraire et n’a servi qu’à mettre en relief combien le Canada est mal en point à cet égard. La reine en est réduite à servir de cache-misère au Canada, de feuille de vigne... Un régal pour les caricaturistes.

Effondrement des fondations sociales du Canada


La crise économique fait également apparaître des tensions sociales qui ne vont aller qu’en s’accroissant au fur et à mesure qu’elle va prendre de l’ampleur, d’où les efforts faits pour en masquer la dimension véritable, dans le fol espoir que la croissance reprendra à un rythme qui aura tôt fait de masquer la profondeur des divisions qui se creusent de plus en plus rapidement entre les Canadiens, tant sur le plan générationnel que sur celui des classes sociales dont l’une d’entre elles, la classe moyenne, a littéralement fondu sous leurs yeux au cours des vingt dernières années, sous l’effet de la mondialisation et de la délocalisation des emplois manufacturiers.
Depuis le début des années soixante-dix, le Canada s’est doté d’un filet de sécurité sociale très élaboré, et dans la psychologie collective, ce filet s’est substitué au mythe du chemin de fer transcontinental comme facteur d’unité canadienne. Toute menace à la couverture offerte par nos régimes sociaux est immédiatement perçue comme une attaque contre les valeurs canadiennes.
Mais dans la mesure où il devient de plus en plus évident que nous devons cette couverture à des emprunts massifs sur le crédit de nos gouvernements et que nous avons endetté les générations futures à un niveau qui soulève de très sérieuses questions d’équité intergénérationnelle, l’étendue et l’universalité de cette couverture vont être remises en question.
Déjà, nous avons vu jusqu’où certaines entreprises du secteur privé sont allées pour se délester de leurs obligations contractuelles envers leurs employés, et les gouvernements provinciaux s’apprêtent à faire de même. Comme ce sont eux qui ont la responsabilité constitutionnelle de dispenser les services publics (santé, éducation, transports publics et autres via les municipalités qui relèvent de leur autorité) et que leurs employés sont syndiqués, on devine facilement l’ampleur des affrontements qui se dessinent.
D’ailleurs, pour échapper à une situation qui devenait intenable et pour tâcher de gagner du temps, le premier ministre Dalton McGuinty de l’Ontario a préféré démissionner l’automne dernier, laissant pendant plusieurs mois la population dans l’ignorance de la gravité de la situation, et les syndicats de services publics, sans cible.
Hélas, aucun miracle n’est survenu depuis lors, et la situation économique a continué de stagner si elle ne s’est pas effectivement détériorée. Les mauvaises nouvelles tomberont plus tard, au printemps.
L’Ontario n’est pas la seule province dans une passe difficile. La première ministre de l’Alberta, Alison Redford, a bien prévenu sa population la semaine dernière que son gouvernement était confronté à des choix difficiles et que les Albertains s’en ressentiraient nécessairement très bientôt, soit par un alourdissement de la fiscalité, soit par une réduction des services, ou une combinaison des deux.
Dans les Maritimes, la situation est si mauvaise que les sénateurs de la région ont proposé, en novembre dernier, une fusion des provinces de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau- Brunswick, et de l’Île-du-Prince-Édouard . Sur le coup, leur démarche a été accueillie froidement, mais il n’en demeure pas moins que la question soulevée et la réponse proposée sont des plus pertinentes.
Dans un contexte où les ressources financières se font très rares, les 1 800 000 habitants de cette région (moins que la population de l’agglomération de Montréal qui en compte 1 900 000) ne peuvent plus se permettre le luxe de soutenir trois gouvernements provinciaux distincts.
Lorsqu’il deviendra apparent dans quelques mois que l’Ontario absorbera à elle seule la part du lion des paiements de péréquation d’ici trois ou quatre ans, les provinces maritimes seront confrontées elles aussi à des choix budgétaires extrêmement difficiles qui auront des conséquences comparables à celles de l’Ontario sur le plan de leur capacité à offrir des services et sur la nécessité d’en réduire les coûts.
Leur situation est d’autant plus précaire qu’elles souffrent déjà des coupures annoncées par le fédéral au régime d’assurance emploi sur lequel repose une portion importante de leur économie vu le caractère saisonnier d’une activité comme la pêche. En fait, les Maritimes vont être confrontées à très court terme à une déstructuration complète de leur mode de vie, et il existe de nombreux signes que la population de ces provinces ne s’y résoudra pas sans réagir durement.
Pour avoir déjà vécu dans cette région et y avoir voyagé à de très nombreuses reprises pour les fins de mon travail, je peux témoigner de la force de l’esprit communautaire qui y règne, et qui s’est manifestée encore assez récemment avec l’opposition de la population du Nouveau-Brunswick à la prise de contrôle d’Énergie NB par Hydro-Québec.
Il est donc évident que le Canada sera confronté à court ou moyen terme à une crise sociale très grave, d’une ampleur jamais connue, qui va ébranler le pays dans ses fondements les plus profonds.

Effondrement des fondations économiques du Canada


Cette crise est d’autant plus inévitable que la situation économique du pays est en voie de s’aggraver. Pour bien la comprendre, il faut se rappeler que la prospérité du Canada a été longtemps assurée par le pacte de l’automobile et ses retombées qui ont surtout profité au secteur manufacturier de l’Ontario.
Ce sont ces retombées qui ont permis à l’Ontario de connaître une croissance si rapide de sa population et de son PIB, et de devenir la « vache à lait » du régime canadien de péréquation. Cette situation a perduré jusqu’à la fin du 20e siècle lorsque le dollar canadien, jusque là à un niveau très faible par rapport au dollar américain (il est en effet descendu à 0,64 $ dans les mois qui ont suivi le référendum de 1995), s’est mis à remonter sous l’effet de la réduction graduelle, puis l’élimination, du déficit du gouvernement fédéral, et l’enregistrement de ses premiers surplus depuis 1970.
Au moment de la crise de 2008, le dollar canadien était parvenu à remonter la pente par rapport au dollar canadien. Mais il faut comprendre que ce qui donnait aux Canadiens un motif de fierté nationale donnait par ailleurs des sueurs froides et des ulcères d’estomac aux manufacturiers ontariens. L’avantage concurrentiel que leur procurait la faiblesse du dollar canadien sur le marché américain fondait comme neige au soleil.
Lorsque la crise financière a éclaté aux États-Unis entraînant un effondrement de la demande pour les produits fabriqués en Ontario, les fermetures d’usine s’y sont très rapidement multipliées, et celle-ci n’est pas parvenue à récupérer le terrain perdu, comme en témoigne la détérioration aussi rapide que massive de ses finances publiques.
Le ralentissement de la croissance américaine observé au dernier trimestre de 2012 et la possibilité que les États-Unis soient retombés en récession est donc du plus mauvais augure pour l’Ontario, mais aussi pour le Canada dans la mesure où les Albertains ne parviennent pas à trouver preneurs pour leur pétrole à un prix qui en permette l’exploitation rentable, comme l’a expliqué à sa population la première ministre Redford la semaine dernière.
Et comme si ces problèmes ne suffisaient pas, le Canada est également confronté à l’éclatement prochain de la bulle immobilière qui s’y est développée depuis plusieurs années. De plus, à l’insu des Canadiens, et en dépit des belles assurances du ministre des Finances et du gouverneur de la Banque du Canada, le Canada a dû intervenir massivement sur les marchés pour éviter aux banques canadiennes d’être emportées dans la débâcle en 2008.
Son opération de sauvetage, exécutée par le truchement de la Société centrale d’hypothèques et de logement (SCHL), est parvenue à passer sous le radar des médias du fait que la SCHL est sans doute l’agence fédérale dont le profil est le plus bas.
Enfin, les Canadiens les plus branchés sur l’actualité économique ont appris au cours des derniers jours que la Banque du Canada s’était lancée depuis 2009 dans un programme agressif d’achat d’obligations du Canada dans une version très personnelle de l’assouplissement quantitatif pratiqué par d’autres grandes banques centrales.
Ainsi, on constate une progression quasi verticale de ses achats d’obligations canadiennes depuis deux ans, pendant une période où les autorités se faisaient rassurantes en soulignant la vigueur de l’économie canadienne, et où l’on croyait que la demande étrangère pour les titres du gouvernement fédéral canadien était élevée. Mauvaise surprise !
Par ailleurs, le gouvernement canadien devra procéder au refinancement de 267 milliards $ de ses obligations en 2013, et il faut donc s’attendre à ce que la Banque du Canada en rachète une portion nettement plus élevée qu’elle en a été coutumière dans le passé. De quoi fragiliser encore les équilibres financiers du pays.
Au bilan, on est obligé de constater que les effets combinés de la mondialisation et de la financiarisation de l’économie mondiale, de la montée en puissance du dollar canadien depuis le début des années 2000, de la crise financière de 2008 et de l’effondrement du secteur manufacturier en Ontario qui s’en est suivi, ont ravi au Canada son titre de puissance industrielle pour le ramener au niveau de ce qu’il était encore au début des années 1960, un très important fournisseur mondial de matière premières certes, mais en proie constante à l’alternance rapide des cycles d’expansion et de contraction au gré de l’évolution de la demande qui caractérise ce genre d’économie, qualifiée par les observateurs avertis d’« économie de casino ».

Effondrement des fondations politiques du Canada


Il va de soi que toutes ces secousses auront des conséquences politiques. Jamais le Canada ne s’est-il trouvé en position plus précaire, au point même d’être menacé de dislocation. Ce genre de processus est rarement très rapide, à moins qu’il ne s’agisse d’un cas de rupture franche comme la Tchécoslovaquie en 1992, séparée presque du jour au lendemain en République Tchèque et en Slovaquie.
L’arrivée au pouvoir des Conservateurs en 2006, formant d’abord un gouvernement minoritaire avant de devenir majoritaires à l’élection de 2011, marque un tournant important. Les Conservateurs rejettent la vision du Canada de Trudeau reposant sur un gouvernement central fort et ils imposent de plus en plus lourdement une autre vision, aux antipodes de la première.
Cette vision, fortement inspirée de celle de l’extrême droite américaine, braque une forte proportion de l’électorat canadien. Tout majoritaire qu’il soit à la Chambre des communes, le parti de Steven Harper n’a recueilli que 38,5 % des voix au pays. La revanche de l’Ouest et la polarisation gauche/droite de l’électorat ont été fatales au Parti Libéral et au Bloc Québécois qui sont sortis très diminués de l’élection de 2011, tandis que le Nouveau Parti Démocratique faisait une percée spectaculaire au Québec et ravissait le titre d’Opposition officielle aux Libéraux.
Depuis l’élection de 2011, le Parti conservateur s’applique à réaliser son agenda et creuse encore plus profondément le fossé qui existe entre les différentes parties et communautés du pays sur des enjeux aussi disparates que la réduction des gaz à effet de serre, le soutien inconditionnel du Canada à Israël, le traitement des jeunes délinquants, l’enregistrement des armes à feu, le retour en force de la monarchie, l’adoption d’une posture militaire agressive, l’alignement systématique de la politique étrangère canadienne sur celles des États-Unis, etc.
De plus, la diminution consentie de la capacité d’intervention du gouvernement fédéral dans la vie canadienne, en réduisant ses sources de revenus par le jeu de la fiscalité, crée les conditions propices à son effacement graduel de la scène, au grand dam des hautes sphères de la fonction publique fédérale qui voient non seulement leur pouvoir s’étioler mais aussi le prestige international dont elles jouissaient du fait de l’indépendance relative du Canada face aux États-Unis.
Le vacuum qui s’installe à Ottawa dans de nombreux dossiers où le gouvernement central était jusqu’alors fortement impliqué place les provinces dans la position où elles sont appelées à se substituer au fédéral dans un retournement assez spectaculaire de la situation qui prévalait antérieurement, le gouvernement fédéral se disant prêt à des ententes « pragmatiques » pour leur céder des activités dans certains domaines.
Ainsi, pour les fédéralistes de l’école Trudeau, la dernière réunion du Conseil de la Fédération qui a vu toutes les provinces afficher une indépendance presque désinvolte à l’égard du gouvernement fédéral a dû leur faire le même effet qu’un festival d’apprentis-sorciers.
Si certains refusent de voir dans ces réalignements autre chose qu’une application saine de l’esprit du fédéralisme, un examen complet de la situation a vite fait de révéler les lignes de fracture, voire même quelques profondes lézardes, qui sont en train de rendre irréversible le processus de dislocation dans lequel le Canada est engagé depuis déjà quelques années.

Indépendance du Québec


Peu habitués à s’intéresser à ce qui se passe ailleurs au Canada, et tenus dans l’ignorance par les médias à la solde des fédéralistes des forces centrifuges qui agitent le pays, les Québécois ne voient pas l’avenir qui se dessine, un avenir dans lequel le choix de demeurer à l’intérieur du Canada n’apparaîtra non seulement plus comme le plus apte à garantir leur prospérité économique, mais plutôt comme une entrave de plus en plus lourde à leur essor. Il est dans leur intérêt de comprendre le plus rapidement possible ce qui s’annonce, au risque de ne pas pouvoir tirer le meilleur parti de la situation.
Prêts, pas prêts, l’indépendance s’en vient.