dimanche 20 janvier 2013

Manifeste du PCN-Québec

Voici le manifeste du PCN-Québec (Parti communautaire-national européen), une organisation nationaliste-révolutionnaire basée en Belgique. Le texte est intéressant et se rapproche du solidarisme même si le PSF et le CSQ ne partagent pas toutes ses positions.
 
 
Le Forum du PCN au Québec, le Forum de tous les militants québécois qui veulent un Québec libre !
Mission
MANIFESTE DU PCN-QUÉBEC

Le Québec, province de la Grande-Europe …
L’indépendance politique et culturelle du Québec ne sera garantie que par l’Europe-puissance !

1/
Le combat du PCN (Parti communautaire-national européen) pour la libération nationale et sociale du Québec des griffes de l’impérialisme anglo-canadien et pour le retour de la Nouvelle-France dans le giron européen. Nous prônons la création de la RÉPUBLIQUE D’EUROPE, la Grande Nation de Vladivostok à Reykjavik et du Québec au Sahara, seule alternative à l’anti-civilisation yankee destructrice des nations et des cultures.

2/
Le Québec est l’héritier de la Nouvelle-France conquise par la monarchie impérialiste anglo-saxonne en 1760 et les Communautaristes européens du PCN entendent bien réparer cette tragédie en rattachant cet AVANT-POSTE DE L’EUROPÉANITÉ face au monde impérialiste anglo-saxon à la Grande Nation-Europe. Le PCN n’endosse nullement l’abandon de la Nouvelle-France par la monarchie française, le Consulat ou le Premier Empire, et ne reconnaît pas la validité des traités signés par l’Ancien Régime.

3/
C’est donc aussi une RÉVOLUTION DE L’HISTOIRE que nous entendons réaliser et nous proclamons le devoir et l’obligation de la Grande Europe à défendre le peuple du Québec face aux agressions des colonialistes anglo-canadiens. L’Europe populaire de demain se devra de réparer les injustices et les lâchetés des régimes du passé.

4/
L’heure de la libération du Québec du cruel joug anglo-saxon après 250 ans de domination et de tentatives continues d’assimilation est arrivée. Pour mener à terme notre combat de libération nationale, NOUS AVONS BESOIN D'UNE ALTERNATIVE CLAIRE ET PRECISE, POLITIQUE, IDEOLOGIQUE ET ORGANISATIONNELLE, ce qui fait défaut cruellement en ce moment.

5/
La situation tragique du Québec est le résultat de LA FAILLITE POLITIQUE ET IDEOLOGIQUE DES PARTIS USES DU SYSTEME CANADIEN. Le « Parti Libéral du Québec », qui est au pouvoir depuis avril 2003 sous le règne du premier ministre Jean Charest, est un défenseur acharné de l’unité canadienne et donc de l’oppression de la nation québécoise. Le « Parti Québécois », qui représente l’opposition officielle et qui se prétend « indépendantiste et nationaliste », ne fait rien pour promouvoir le combat pour la libération nationale et sociale du Québec et est un adepte du libre-échange avec le Canada anglais et les États-Unis ainsi que des politiques néolibérales. Ces deux partis sont au service du capitalisme libéral, exploiteur et apatride. Quant au « Parti Québec Solidaire », expression de l’unité de la «gauche» réformiste et multiculturelle et infesté de trotskystes, de gauchistes et de pseudo-socialistes, il ne représente rien de plus qu’une tentative de regénérer la social-démocratie sans remettre en cause le fonctionnement du capitalisme. Il ne peut y avoir de véritable patriotisme sans socialisme, tout comme il ne peut y avoir de véritable socialisme sans le cadre protecteur de la Nation, de l’État et de la République.

6/
Depuis quelques années au Québec, nous assistons à une remontée du sentiment patriotique. La crise autour des fameux «accommodements raisonnables», qui a fait rage en 2007, a grandement favorisé cette résurgence du patriotisme dans la « Belle Province ». Ce débat a été alimenté par des intégristes religieux et ultra-réactionnaires, hostiles à la laïcité moderne, et qui font tout pour contrecarrer l’intégration des minorités dans la société québécoise, une intégration basée sur des règles de vie commune. Le peuple québécois qui lutte avec acharnement pour sa libération nationale contre la domination anglo-saxonne depuis deux cent ans, s’est senti assiégé par cette avanlanche de revendications obscurantistes, comme le refus des piscines mixtes par des femmes musulmanes ou l’obligation de givrer les fenêtres d’un gymnase pour ne pas offenser des juifs hassidiques, et la réaction populaire a été très vive, avec raison d’ailleurs.

7/
Pour tout patriote qui se respecte, LA MULTIPLICATION DES SIGNES RELIGIEUX DANS L’ESPACE PUBLIC EST INACCEPTABLE ET INTOLÉRABLE. Les Québécois ont bien souffert dans le passé de la domination de l’Église Catholique et ne veulent surtout pas qu’une situation similaire fasse résurgence. Les pratiques et coutumes religieuses n’ont pas à être prohibées, que ce soit celles de la majorité ou des minorités ethniques, mais elles doivent demeureur dans la sphère privée et ne pas empiéter sur l’Espace public et les institutions publiques. Le Québec n’est pas une société anglo-saxonne ou chaque individu est classé dans différentes cases ou catégories. LE QUÉBEC CE N’EST PAS YANKEELAND ! Le multiculturalisme anglo-saxon dont le but est de faire disparaître progressivement la langue et la culture française en Amérique doit être combattu vigoureusement et sans relâche.

8/
Nous n’oublions pas dans notre combat nos frères et soeurs francophones qui vivent au Canada anglais et qui mènent un dur combat au quotidien contre l’assimilation et le non-respect de leurs droits nationaux et linguistiques. Nous réclamons le retour du LABRADOR, injustement spolié au Québec en 1927 au profit de Terre-Neuve, ainsi que le rattachement de L’ACADIE au Québec en guise de réparation de l’horrible déportation infligée aux Acadiens par les soldats du roi d’Angleterre en 1755 dans le but de détruire ce peuple fier et combatif. La survie de la nation francophone sur ce continent anglo-saxon ne pourra être assurée sur le long terme que par la Grande-Europe unifiée et communautaire, dont la PROVINCE DU QUÉBEC LIBRE, laïque et socialiste constituera une région autonome et librement associée.

9/
Pour la défense de l'identité québécoise et française, de sa langue et de sa culture tout en étant ouvert sur le monde! Par l'intermédiaire de l'appartenance du Québec à la Très Grande République européenne ! Non au masochisme national de l’extrême-gauche et à la xénophobie de l’extrême-droite ! Non à la trahison des partis usés du Système canadien !

10/
C’est pourquoi le PCN défend la position suivante face à la question québécoise :
- Oui à l’indépendance totale du Québec dès aujourd’hui,
- Oui à l’entrée du Québec dans la Communauté européenne dès maintenant,
- Oui à la garantie de la liberté et de l’indépendance du Québec par l’Armée européenne dès que l’Europe sera libre et indépendante.

11/
Cette position est celle de tous les Communautaristes européens du PCN ! De Vladivostok à l’Atlantique, de Istanbul au rives du Saint-Laurent !Nos frères québécois sont l’avant-garde de l’Europe, leur culture est européenne, leur résistance à l’anti-civilisation anglo-saxonne et américaine est la nôtre. Par la Géopolitique, par l’Histoire, par la Culture, LE QUÉBEC, C’EST AUSSI L’EUROPE!

Le Bureau politique européen du PCN
La Section régionale Québec du Réseau francophone du PCN
(Bruxelles-France-Suisse romande-Québec-Wallonie)

jeudi 17 janvier 2013

Manifeste des Jeunes Laurentiens

Texte nationaliste canadien-français qui a été rédigé dans les années 40 et dont la ligne politique, économique et sociale est très proche du solidarisme.

Manifeste des Jeunes laurentiens

[1944 ou 1945]


L’association des Jeunes Laurentiens est un mouvement qui a pour but de grouper les jeunes Canadiens français et de faire d’eux des patriotes éclairés et actifs.
Fondée à Montréal, en février 1936, par de jeunes patriotes, elle obtient, en mars 1940, des lettres patentes qui la constituent en corporation. Depuis lors, des sections se sont répandues à travers tout le pays.
L’association a pour devise : OSONS!
Elle entend travailler au relèvement économique, social, national, politique de la nation canadienne-française.

Brève déclaration de principes

Les Jeunes Laurentiens sont des catholiques croyants et pratiquants. En toute leur vie publique et privée, ils ne reconnaissent pour lois suprêmes que leur foi religieuse et la morale catholique. Ils confessent que la réalisation de leur programme, même sur le plan temporel, ne va pas sans l'acceptation d'une ascèse fondée sur le catholicisme.
Le Jeune Laurentien tend en droiture à l'action. Toute sa vie, même ses études, sont orientées directement en ce sens.

Programme général

1.- Dans le domaine économique:

Le Jeune Laurentien estime qu'un peuple ne peut rester asservi dans sa vie économique, sans graves dangers pour sa culture et pour sa vie sociale et politique. C'est le rôle naturel et c'est un droit pour un peuple que d'être maître chez soi.
Le Jeune Laurentien estime de même qu'un véritable relèvement économique des siens ne peut s'opérer que par la remise des richesses naturelles de la province de Québec au service de la collectivité. Par des moyens justes mais énergiques, les Jeunes Laurentiens entend que soit révolu, chez nous, le règne de la dictature économique.
Comme action immédiate, dans le domaine économique, l'Association des Jeunes Laurentiens se voue
  1. A la ressaisie du pouvoir de consommateurs des Canadiens français, par la pratique de l' "Achat Chez Nous", et surtout, par l’application du système coopératiste en ses multiples formes;
  2. A la ressaisie de l'épargne canadienne-française par l'encouragement aux caisses populaires, aux compagnies d'assurances et aux mutualités canadiennes-françaises;
  3. A la valorisation de notre capital humain par l'établissement et par la multiplication d'écoles qui non seulement feront cesser l'impréparation technique du jeune employé canadien-français et augmenteront son potentiel de production, mais lui inculqueront la volonté de tenir dans la vie économique de sa province, un rôle de patron ou de maître. 

2.- Dans le domaine social:

Les Jeunes Laurentiens s'inspirent de la doctrine sociale de l'Église catholique. Ils empruntent en particulier leurs directives aux encycliques Rerum novarum et Quadragesimo anno.
Ils se consacrent :
  1. A la restauration de la famille canadienne-française, base de tout notre avenir, en particulier: a) par le retour aux fortes traditions religieuses qui ont fait de la famille de chez nous une famille féconde et puissamment éducatrice; b) par le relèvement du salaire ouvrier, ce qui veut dire, par la disparition de cette iniquité sociale qui contraint l'ouvrier canadien-français ou à fonder des familles infécondes, ou à élever ses enfants selon un niveau inférieur de vie et dans des conditions hygiéniques anormales; c) par une attention toute spéciale accordée à la famille du milieu rural, famille qui constitue le plus fécond et le plus sain réservoir de la race;
  2. Ils entendent combattre, dès maintenant, la violation du repos dominical et les graves abus du travail féminin dans les usines. Ils en appellent, sur ce point capital, à toutes nos autorités religieuses et sociales;
  3. Ils donnent leur appui et leur dévouement aux syndicats catholiques et nationaux, aux oeuvres patronales, à l'oeuvre du logement ouvrier salubre et des Cités-Jardins. 

3.- Dans le domaine national:

Les Jeunes Laurentiens adhèrent à la doctrine et à la mystique nationales définies par M. l'Abbé Lionel Groulx. Ils croient à la mission française de notre peuple et s'engagent à lui fournir les moyens d'accomplir sa haute destinée. En conséquence, ils réclament
  1. Une école d'éducation nationale, c'est-à-dire une école (écoles élémentaires, collèges, couvents, universités) qui arme le jeune Canadien français et la jeune Canadienne française de toutes les puissances de leur culture et qui leur donne la volonté généreuse de s'associer à la mission de leur nationalité;
  2. L'emploi de tous les moyens propres à affirmer, au Canada, dans les Amériques et dans le monde, la personnalité nationale et le vouloir-vivre des Canadiens français, en particulier:
a. Par l'usage fier de la langue française dans tous les domaines de la vie privée et publique;
b. Par la diffusion du drapeau national canadien-français (le fleurdelisé à croix blanche sur fond bleu royal), n'ayant de cesse qu'il ne soit arboré sur tous nos édifices publics, sur le toit de tous nos foyers, sur la poitrine de tous les nôtres;
c. Par la célébration régulière et enthousiaste de la fête de Dollard, de la Saint-Jean-Baptiste, en particulier de la Saint-Jean-Baptiste des Jeunes, dans tous les villages ou hameaux du Canada français;
d. Par l'embrigadement poussé à fond dans les sociétés patriotiques et par l'élimination progressive des sociétés suspectes qui anglicisent les Canadiens français en ne leur apprenant que le neutralisme national;
e. Par une prise de conscience plus vive de la mission du Québec, dans le Canada français, dans l'Amérique française, et dans tout le bloc latin du continent;
f. Par l'appel à la jeunesse féminine à seconder, dans toute cette croisade, l'effort de la jeunesse masculine;
g. Par la substitution du journal d'idées au journal de papier, c'est-à-dire par la diffusion de la bonne revue, surtout de Relations et de l’Action Nationale, par propagande en faveur du bon journal, tout spécialement par la diffusion du quotidien Le Devoir et Le Droit, les plus fiers champions de la cause canadienne-française;
h. Par la résurrection des souvenirs historiques du petit pays;
i. Par l’encouragement aux écrivains et aux artistes canadiens-français. 

4.- Dans le domaine politique:

Parmi les groupes de jeunesse, les Jeunes Laurentiens assument cette originalité de ne pas se refuser à l'action politique.
Ils revendiquent, pour tout le Canada, l’évolution politique qui lui permettra de jouer pleinement son rôle parmi toutes les nations du monde.
Ils revendiquent, pour chaque province, la pleine autonomie dans le cadre de la constitution fédérative, et même, si nécessaire, la suppression par des moyens constitutionnels de toute entrave au libre développement économique, social ou national d’une province.
Pour parvenir à ces fins, les Jeunes Laurentiens s'engagent à réclamer et à préparer
  1. L'établissement d'une nationalité exclusivement canadienne;
  2. L'élection au parlement fédéral, d'une députation qui ramènera la politique canadienne dans la tradition canadienne, au service des intérêts canadiens d'abord et par-dessus tout;
  3. L'avènement dans chacune des provinces d'un gouvernement de bien commun, libre de toutes les servitudes partisanes et de tous les despotismes financiers, reconnaissant des droits égaux aux deux groupes majoritaires du pays, tel que pratiqué dans le Québec;
  4. Les Jeunes Laurentiens réclament pour le Québec une " politique de coordination de tous les facteurs de la vie nationale ", et pour y parvenir, la formation d'un "Conseil économique", recruté parmi notre élite et qui soit une aide précieuse à nos dirigeants;
  5. Les Jeunes Laurentiens entendent appuyer entièrement ceux qui travaillent à l'instauration d'une politique vraiment "nationale". Ils collaboreront de toutes leurs forces avec tous ceux qui énonceront et réaliseront leur idéal politique et national tel que décrit dans ce manifeste.
En résumé, les Jeunes Laurentiens adressent leur appel à toute la jeunesse du Canada français. Ils la convient à l'action pratique sur tous les terrains, pour une ressaisie profonde de l'âme canadienne-française pour une VÉRITABLE RENAISSANCE NATIONALE, pour l'avènement d'un QUÉBEC LIBRE DANS UN CANADA LIBRE!...
A la jeunesse de vouloir ce que Dieu veut ?
Dieu et Patrie...
OSONS!..

Source: Archives du Centre de recherche Lionel Groulx. Transcription par David Rajotte

mercredi 16 janvier 2013

Le chemin du pouvoir et ses 7 niveaux de contrôle

texte tiré du site indépendantiste québécois www.vigile.net sur le fonctionnement du système mondialiste.
 
 
Géopolitique, mondialisme et États-nations
 
Le chemin du pouvoir et ses 7 niveaux de contrôle par Marius Morin
 
Les États-nations sont-ils les maîtres du monde ?
Depuis une vingtaine d’années, notre vision du monde a changé considérablement. Qui aurait cru voir de son vivant les deux Allemagnes unifiées en 1989 ? Aucun Maître du monde, aussi puissant soit-il, n’aurait pu démanteler le mur de Berlin, pierre par pierre, sans la volonté arrêtée des deux peuples allemands. Qui aurait pu provoquer l’effondrement de l’Union soviétique en 1991 ? Seul un peuple derrière son chef Boris Eltsine monté sur un char d’assaut. Aucun Maître du monde n’aurait pu causer la chute de cet empire sans la force unifiée des différents peuples de l’ancienne Union soviétique. En Tunisie comme en Égypte, c’est le peuple qui a renversé les gouvernements. Oui, le peuple détient le vrai pouvoir, mais encore faut-il qu’il soit libre, bien informé et mobilisé.
Nonobstant comment suivre le chemin du pouvoir et ses différents niveaux décisionnels, qui sont les vrais Maîtres du monde ? Je lis un peu partout que c’est l’oligarchie financière qui contrôle le monde et non les chefs d’État. De plus, qu’il y aurait un complot mondial d’un groupe sélect et secret, une espèce d’élite mondiale de la finance, style illuminati, franc-maçon, qui cherche à mettre en place un Nouvel Ordre Mondial et une seule gouvernance. J’ai partagé cette théorie pendant un certain temps, mais aujourd’hui je m’en suis quelque peu éloigné. Pourquoi ? Pour la simple raison que notre humanité est trop complexe. Le nombre de pays, de gouvernements, de peuples, de cultures différentes et souvent opposées, de modèles économiques, de philosophies incompatibles, d’entreprises, de médias, de langues, de moyens financiers, de forces militaires, etc., font en sorte qu’un petit nombre de personnes peut tout contrôler.
S’il est possible de manipuler une population, de contrôler un État, en utilisant la désinformation, la propagande, la peur, l’armée, mais il sera toujours impossible de contrôler tous les êtres humains d’un peuple sans qu’ils ne s’en rendent compte. Dans une population donnée, il y aura toujours des sensibilités différentes et elles s’exprimeront continuellement à travers des mouvements de résistance. Comme les empires anciens, les dictateurs actuels vont tomber les uns après les autres. Les réseaux sociaux sont là. Dans cet article, en suivant le chemin du pouvoir et ses échelons, je tente de présenter une vision simplifiée du monde pour le rendre un peu plus compréhensible.

1. LA POPULATION MONDIALE ET LA PlANÈTE 

Nous les êtres humains vivons dans 193 pays totalisant sept milliards d’habitants. Ce que tout le monde constate, c’est qu’il y a des très riches et des très pauvres. Plus d’un 1,3 milliard d’habitants vivent toujours sous le seuil d’extrême pauvreté, et 22,4% des très pauvres avec moins d’un 1,25 dollar par jour. Alors que pendant ce temps 1% de la population aurait des revenus supérieurs aux autres 99%. Ici au Québec, nous avons une dette de 85000 dollars pour chaque travailleur et travailleuse. Face à cet état de fait, on n’hésite pas à parler maintenant de la dictature des actionnaires et des sociétés financières de Wall Street et de la Cité de Londres, du capitalisme sauvage, des maîtres du monde, du Nouvel Ordre Mondial, des Illuminati, des francs-maçons qui pillent nos avoirs et nos richesses, tant que personne ne les arrête. Alors qui sont-ils, ont-ils des noms ? La question primordiale est celle-ci : qui contrôle les citoyens (le premier niveau de pouvoir) des différents pays ? Les gouvernements…

2. LES GOUVERNEMENTS

Au-dessus de nous, citoyens, se trouvent les élus du gouvernement. Bien en entendu en régime démocratique. Ce sont les personnes à qui nous donnons le monopole du pouvoir. Ces responsables politiques votent nos lois, collectent nos taxes et impôts, signent nos traités de libre-échange, décident des guerres à entreprendre en notre nom, etc. Même fiers de notre démocratie (un pouvoir que nous exerçons lors d’élections tous les quatre ou cinq ans), nous constatons qu’un décalage se creuse entre nos problèmes réels en santé, en éducation, en emplois, en environnement, en création de richesse, en géopolitique et les solutions mises en avant par nos politiciens et leurs relais médiatiques. Dans le but de protéger des emplois, nos dirigeants subventionnent les entreprises qui sont de moins en moins capables de créer de la valeur, mais seulement de vampiriser la richesse des petits acteurs économiques et des travailleurs autonomes et même syndiqués, grignotant les services publics, et en fin de compte fragilisant tout l’État. Présentement une nouvelle directive européenne tente de fixer la durée du travail à 48 heures par semaine avec la possibilité d’aller jusqu’à 65 heures et de reculer la retraite à 67 ans. Voilà un pas de plus vers l’instauration d’un nouvel esclavage au service de la "compétitivité" et du profit à tout prix. Tout cela que nous soyons d’accord ou non. Mais qui contrôle les gouvernements ? Les multinationales…

3. LES MULTINATIONALES

Au-dessus des gouvernements, il y a les multinationales. C’est elles qui dictent aux États-nations ce qu’ils doivent faire en développement et gestion des exploitations. Ces agglomérations sont de véritables « corporatocraties ». Une étude de la revue New Scientist d’octobre 2011, a répertorié environ 37 millions d’entreprises et investisseurs à travers le monde et a révélé que 43.060 sociétés transnationales actives dans le monde étaient reliées entre elles ; que 1318 entreprises étaient associées en moyenne à une vingtaine d’autres. Ces 1318 entreprises représentaient 60% des revenus mondiaux. De ce noyau, l’étude a permis de détacher une super-entité financière de 147 sociétés et entreprises tricotées serrées. Selon Glattfelder de l’étude, moins de 1% de ce groupe contrôlerait 40% de l’économie mondiale. Les plus connues sont : Barclays Bank, JPMorgan Chase & Co, The Goldman Sachs Group, Bechtel, Exxon, General Electric, Pfizer, New Corporation Monsanto, DuPont, Boeing, etc. Ces multinationales travaillent à la suppression de toute entrave (protectionnisme) à la circulation des marchandises et des capitaux, rendant possible les délocalisations, les chantages à la création d’emplois (or, en favorisant la robotisation et les nouveaux équipements, elles envoient beaucoup de travailleurs au chômage), aux merveilleux profits sans égard, très souvent, à l’environnement. De plus en plus, les multinationales forcent les États-nations à appliquer les réglementations de leur pays d’origine plutôt que celles des pays où elles s’y installent. Par exemple, une entreprise dont le siège social est déclaré en Chine pourrait choisir d’appliquer les réglementations sociales et environnementales chinoises dans ses usines ou ses bureaux établis au Québec. En effet un salarié québécois embauché à travers le Plan Nord par une entreprise chinoise (ou autre) devrait donc travailler dans les mêmes conditions qu’un salarié en Chine. Cependant, rassurez-vous, je ne crois pas que cela soit possible, ici, au Québec, et que le gouvernement et les syndicats veilleront au grain. Mais qui contrôle en fin de compte ces multinationales ? Les grandes banques…

4- LES GRANDES BANQUES PRIVÉES

Au-dessus des entreprises multinationales, il y a les grandes banques privées. Pour s’emparer des ressources naturelles, du libre-échange entre les États-nations et contrôler le marché, les grandes entreprises ont besoin de beaucoup d’argent. Elles font appel aux grandes banques. Dans le top 50 de ces grandes banques, on retrouve : la ICBC of China, China Construction Bank, Chase Manhattan Bank of New-York, Bank of China, Agricultural Bank of China, Citigroup, Wells Fargo, BNP Paribas, Santander, UBS de Suisse, Goldman Sachs, Barclays, Bank of America, BBVA Basque, Société Générale, Credit Suisse, BPCE, HSBC, Royal Bank of Scotland, etc. Par exemple, aux États-Unis, cinq banques privées contrôlent plus de 56% de leur économie : JP Morgan Chase, Bank of America, Citigroup, Wells Fargo et Goldman Sachs Group ; elles possèdent collectivement 8500 milliards de dollars en avoirs à la fin de 2011. La banque Wells Fargo aurait blanchi ces dernières années plus de 378,4 milliards en provenance de la drogue mexicaine. Les grandes banques sont impliquées dans toutes les sphères de la finance : services de financement, prêts, hypothèques, marges de crédit, cartes de crédit, courtages, placements, conversions de devises, échanges commerciaux, assurances, fonds de retraite, drogues, pharmaceutiques, alimentation, transports, armements, etc. Il est certain que la hausse de l’or à près de 2000 dollars US l’once et de l’argent-métal à près de 50 dollars US l’once en 2011 a déclenché une véritable panique chez les banquiers. Les pays émergents du BRIC commencent à défier le dollar américain comme monnaie refuge de leurs réserves nationales et se tournent vers l’or, métaux précieux ou des devises régionales. Mais qui contrôle ces grandes banques ? Les banques centrales...

5- LES BANQUES CENTRALES

Au-dessus des grandes banques, nous retrouvons les banques centrales nationales. Celles-ci veillent à la stabilité du système bancaire et financier d’un pays, émettent la monnaie fiduciaire, contrôlent la mise en place du système de change flottant, la réserve monétaire, les swaps, les banques, les assurances et l’inflation. En soi, elles sont une banque des banques. Elles sont les fournisseurs de liquidités du système financier. Elles fabriquent de l’argent papier. Ce sont elles qui ont renfloué les banques en 2008. On y retrouve la Banque centrale du Canada, de France, d’Allemagne, de Suisse, la Fed, la BCE, la BOE, la BOJ et autres. Toutefois les réserves d’or des banques centrales occidentales ont diminué considérablement ces dernières années, et sont maintenant entre les mains des pays non occidentaux comme la Russie, la Turquie, le Kazakhstan, l’Ukraine et les Philippines, qui continuent d’acheter de l’or. Ce n’est que depuis 2009 que nos banques centrales occidentales ont recommencé à acheter de l’or, sachant très bien que leur argent papier créé artificiellement ne peut garantir leur solidité financière à long terme. Mais qui contrôle ces banques centrales ? Les banques mondiales et leurs institutions…

6- LES BANQUES MONDIALES ET LEURS INSTITUTIONS

Au-dessus des banques centrales nationales, il y a les banques mondiales qui transigent avec elles. Quatre grandes institutions internationales se distinguent : la Banque mondiale BM et ses deux institutions : l’Association internationale de développement (AID), la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), le Fonds monétaire international FMI regroupant 188 pays. Ces banques ont été créées après la Deuxième Guerre mondiale pour aider à la reconstruction de l’Europe et du Japon, et lutter contre la pauvreté. Et une quatrième institution est la Banque des règlements internationaux BRI ou BIS, la plus antienne institution financière internationale, fondée en 1930. Elle est surnommée la banque des banques centrales, située à Bâle en Suisse. Ses actifs appartiennent à 60 banques centrales et sont évalués à 221 milliards de dollars. Le gouverneur de la banque centrale du Canada en fait partie. Elles transigent avec les institutions internationales comme l’OCDE, l’OMC, l’OIT, la FAO, GATT, etc. La Banque mondiale et le Fonds monétaire international prêtent aux pays (c’est-à-dire les endettant) en difficulté. Ces banques se basent sur les Agences de notation : Fitch Ratings, Moody’s et Standard & Poor’s pour demander aux États en difficulté de revoir leurs états financiers et soumettent leur population à des régimes d’austérité comme la Grèce et bientôt plusieurs pays d’Europe ou des pays pauvres du Tiers-monde. Mais qui contrôle ces banques et institutions mondiales ? Un réseau financier de huit grandes familles…

7- LE RÉSEAU CAPITALISTE ET SES 8 CONGLOMÉRATS

L’étude citée précédemment faisait référence à une super-entité de la finance mondiale. Celle-ci serait composée de huit grandes familles au sens de conglomérats :
  • Banques Rothschild de Londres et de Berlin
  • Lazard Brothers Bank of Paris
  • Israël Moses Sieff Bank d’Italie
  • Banque Warburg de Hambourg, en Allemagne et Amsterdam
  • Kuhn Loeb Bank of New York
  • Bank of America
  • Goldman Sachs Bank of New York
  • Chase Manhattan Bank of New York (contrôlée par les Rockefeller).
Les dirigeants de ces groupes multinationaux sont liés à la Réserve américaine, à la BCE, à des chefs d’État, des banquiers, des financiers, des chefs de multinationales qui rayonnent à travers le monde. Ces agglomérations financières n’aiment pas être contrôlées de l’extérieur. Cependant leurs dirigeants aiment bien rencontrer leurs vis-à-vis et leurs compétiteurs pour échanger des idées et de l’information sur la marche du monde, à l’abri des regards, parallèlement dans des groupes ou clubs sélects de réflexion : comme Bilderberg, le World Economic Forum de Davos, la Trilatérale, le Siècle, le Council on Foreign Relations CFR, l’Institut Français des Relations Internationales IFRI, le club de Rome, etc.
Ces gens en général sont contre tout protectionnisme et investissent là où il y a de l’argent à faire. Vous comprendrez bien que ces grandes familles, qui trônent sur le système capitaliste depuis deux siècles, vont tout faire pour garder leur pouvoir économique au détriment de la souveraineté des États-nations et maintenir le système en place le plus longtemps possible. Il en va de leur héritage historique et de leur fortune accumulée au cours des ans. N’oublions pas que ces puissances économiques occidentales sont de plus en plus confrontées à de nouveaux pouvoirs économiques comme celui de la Chine, de l’Inde, de la Russie et du Brésil. Mais qui contrôle ces puissances ? Ce sont les es peuples, c’est-à-dire les État-nations bien informés, libres, mobilisés, fiers de leur identité et de leur culture qui se tiennent debout. Nous avons des exemples éloquents aujourd’hui avec la Chine et la Russie, et en Amérique latine avec le Venezuela, l’Équateur, l’Argentine, le Brésil, la Bolivie et le Pepe de l’Uruguay, le président des pauvres.
Conclusion
Tout au long de cette réflexion, je n’ai pas fait référence à la pyramide du dollar américain et à son œil qui trône à son sommet. Oui, les grands réseaux industriels et financiers tentent par tous les moyens d’infléchir le cours de l’histoire. Mais de là à conspirer pour prendre le contrôle des États-nations et instaurer une gouvernance mondiale, je n’y crois pas. L’ego de ces conglomérats financiers est trop développé pour désirer s’unir à leurs concurrents. Pensez-vous que les grandes fortunes canadiennes comme les Thomson, Veston, Desmarais et autres vont agir contre leur code génétique, celui de dominer dans leur domaine ! Ces milliardaires veulent être seuls à bond de leur entreprise mondialisée.
Cependant il y a toujours un danger réel de perdre toute souveraineté. Les responsables de ces organismes supranationaux exercent un réel pouvoir sur nos sociétés et ils ne sont pas élus. Si les États-nations ne sont pas proactifs et attentifs aux besoins réels de leur population, et ceux de l’humanité et de l’environnement de notre planète, leur marge d’action (leur pouvoir décisionnel) va se rétrécir comme une peau de chagrin. Il y a péril dans la demeure et il est de leur devoir de stopper le processus de la mondialisation qui n’a qu’un but : le transfert du pouvoir des États vers des organisations supranationales non-élues et qui n’ont que de comptes à rendre qu’à elles-mêmes. Si on les laisse faire, au diable l’humanité et la planète, vive le pourvoir de l’argent !

Marius MORIN