vendredi 27 avril 2018

L'homophobie au sein de la Révolution Cubaine

Entretien accordé par la fille de Raul Castro, Mariela Castro Espin, au spécialiste de Cuba Salim Lamrani, sur la lutte contre l'homophobie à Cuba et les progrès qui ont été accomplis depuis les années 70.  Voici le lien de l'article: https://www.mondialisation.ca/concernant-lhomophobie-fidel-castro-a-toujours-assume-ses-responsabilites-en-tant-que-leader-du-processus-revolutionnaire/5321644

L’homophobie au sein de la Révolution Cubaine

par Salim Lamrani

Entretien avec Mariela Castro Espín, directrice du Centre d’éducation sexuelle (CENESEX) à Cuba


Mariela Castro Espín a réussi à s’émanciper de son héritage familial. Nièce de Fidel Castro, leader historique de la Révolution cubaine et fille de Raúl Castro, actuel Président de Cuba, Mariela Castro a gagné une renommée internationale non pas grâce à son patronyme mais grâce à son action en faveur du droit à la diversité sexuelle

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Directrice du Centre d’éducation sexuelle (CENESEX) à Cuba, licenciée en Psychologie et en Pédagogie, titulaire d’un Master en Sexualité, Mariela Castro a fait sienne la cause des homosexuels, bisexuels, lesbiennes et transsexuels, et a permis à ces communautés de sortir de la marginalité à laquelle la société l’avait cantonnées.
L’action du Cenesex a été couronnée de succès. Depuis 2007, une journée contre l’homophobie est célébrée chaque 17 mai à Cuba. Les opérations de changement de sexe sont entièrement prises en charge par l’Etat. L’homophobie a sensiblement reculé même si elle est toujours persistante dans certains secteurs. Enfin, les institutions tels que le Parti Communiste de Cuba ou le Ministère de la Culture sont désormais des alliés de premier ordre dans la lutte en faveur des droits pour tous.
Mariela Castro ressemble à sa mère Vilma Espín. Elle a hérité, à la fois, de sa beauté naturelle et de son caractère. En effet, comme l’illustrent ces conversations, elle méprise souverainement la langue de bois et n’hésite aucunement à pointer du doigt les injustices commises par le passé à Cuba, ni à dénoncer les obstacles institutionnels encore présents au sein de la société. Son franc-parler ne fait pas l’unanimité au sein du pouvoir cubain, notamment auprès du secteur le plus conservateur. Mais, comme elle se plait à le répéter, à chaque fois que le Président Raúl Castro reçoit une plainte à son sujet, sa réponse reste invariablement la même : « Si tu as quelque chose à dire à propos de ma fille, va la voir directement ». A ce jour, personne n’a osé.
Lors de ce dialogue, aucun sujet n’a été éludé, que ce soit la situation des homosexuels au triomphe de la Révolution, les tristement célèbres Unités militaires d’aide à la production, le fameux « Quinquennat gris », la fondation du CENESEX, la lutte contre l’homophobie, la prostitution, le phénomène transgenre ou le mariage pour tous. Mariela Castro n’a éludé aucune question et n’a imposé aucune condition préalable à la discussion.
Salim Lamrani : Mariela Castro, quelle était la situation des minorités sexuelles en 1959, au triomphe de la Révolution, à Cuba ?
 Mariela Castro Espín : Au début des années 1960, la société cubaine était le reflet de son héritage culturel, principalement espagnol. Cuba avait une culture homo-érotique, patriarcale et donc, par définition, homophobe, comme toutes les sociétés patriarcales. A cette époque, le monde entier était patriarcal et homophobe, sans aucune distinction, aussi bien les pays développés que les nations du Tiers-monde.
Il est cependant curieux que le processus émancipateur de la Révolution cubaine qui revendiquait dans son programme politique la lutte contre les inégalités, les différentes formes de discrimination contre les femmes, le racisme, et qui tentait d’éliminer les injustices, les brèches entre la ville et la campagne, ne se soit pas intéressé au sort des homosexuels et ne les ait pas considérés comme étant victimes de discriminations de toute sorte.
SL : Pour quelles raisons ?
MCE : L’homophobie était la norme y compris après le triomphe de la Révolution. Cela était le cas dans toutes les cultures occidentales basées sur la religion catholique dominante. L’homophobie était au cœur des relations de genre telles qu’elles s’étaient établies culturellement.
La Révolution cubaine a permis au peuple cubain d’obtenir la souveraineté nationale et a remis en cause de nombreux paradigmes tels que la virginité de la femme comme condition préalable pour le mariage, l’absence de divorce, le statut de chef de famille de l’homme, la naturelle fidélité de la femme face à l’infidélité de l’homme, la disqualification de la famille monoparentale et de la femme célibataire, mais ne s’est pas attaquée au problème de la diversité sexuelle.SL : Donc à l’époque, être homophobe était quelque chose de « naturel ».
 MCE : L’homophobie était la norme. Ce qui était considéré comme anormal était le respect à l’égard de celles et ceux qui avaient choisi une orientation sexuelle différente. Mais, je le répète, cela n’était pas spécifique à Cuba. Il en était de même dans le reste du monde. L’homophobie institutionnalisée des premières années de la Révolution reflétait cette réalité et était en adéquation avec la culture de l’époque. Se moquer des homosexuels était quelque chose de naturel, tout comme les mépriser ou les dénigrer. Il était normal de les discriminer sur le marché de l’emploi, dans leur vie professionnelle, et cela était l’aspect le plus grave.
Les Unités Militaires d’Aide à la Production (UMAP)
SL : Dans les années 1960, entre 1965 et 1968, l’Etat cubain a mis en place les Unités militaires d’aide à la production, les UMAP, dans lesquelles ont été intégrés de force les homosexuels. Pourriez-vous revenir sur cet épisode sombre de la Révolution cubaine ?
MCE : Il faut tout d’abord préciser que les UMAP concernaient tout le monde, tous les hommes en âge d’effectuer le service militaire, et non pas uniquement les homosexuels. C’était un service militaire obligatoire pour tous les jeunes majeurs. Cela n’était en aucun cas réservé aux homosexuels. Certains ont même parlé de camps de concentration pour homosexuels. Je crois qu’il ne faut pas exagérer et rester fidèle à la vérité historique. Je le répète, les UMAP ont concerné absolument tout le monde, sauf ceux qui pouvaient justifier d’un emploi stable. Les étudiants devaient mettre entre parenthèses leur carrière universitaire pour effectuer leur service militaire au sein des UMAP.
Il convient de rappeler le contexte de l’époque. Notre pays était constamment agressé par les Etats-Unis. Il y avait eu la Baie des Cochons en avril 1961, la crise des Missiles en 1962, et les groupes de la CIA composés d’exilés cubains multipliaient les attentats terroristes. Les bombes explosaient à Cuba tous les jours. On brulait des champs de canne à sucre. On faisait dérailler des trains. On attaquait des théâtres au bazooka. Il ne faut pas oublier cette réalité. Nous vivions sous état de siège. Des groupes paramilitaires étaient réfugiés dans les montagnes de l’Escambray et assassinaient les paysans favorables à la Révolution, torturaient et exécutaient les jeunes professeurs qui avaient intégré la campagne d’alphabétisation. Au total, 3 478 Cubains ont perdu la vie à cause du terrorisme de cette époque. Il s’agissait d’une période très difficile où nous étions agressés en permanence et où la lutte des classes était à son paroxysme. Les propriétaires terriens avaient réagi avec beaucoup de violence à la réforme agraire et n’étaient pas disposés à perdre leur position privilégiée au sein de la société. Il y avait donc à Cuba une mobilisation générale pour la défense de la nation et de ce contexte sont nées les UMAP, en guise de service militaire.
SL : Pour quelles raisons alors, les UMAP ont-elles été associées au règne de l’arbitraire et de la discrimination ?
MCE : Il y a une raison à cela. Etant donné que tout le monde devait participer à la défense du pays, les groupes marginaux tels que les hippies par exemple ont dû intégrer les UMAP, mais également les enfants de la bourgeoisie qui s’étaient habitués à une vie de loisirs et ne travaillaient pas, étant financièrement à l’abri. Ainsi, ceux qui ne s’étaient pas impliqués et préféraient un rôle d’observateur, devaient intégrer les UMAP et travailler dans les usines ou dans l’agriculture, y compris les groupes qui ne se sentaient pas engagés dans le processus de transformation sociale mis en place en 1959. Ces gens-là étaient mal vus par la société cubaine, qui les rejetait pour leur manque d’implication dans la construction de la nouvelle nation révolutionnaire et les considérait comme étant des parasites.
Je me souviens avoir entendu, dans ma jeunesse, certaines réflexions désobligeantes à mon égard, en raison de mon lien de parenté avec Fidel Castro – mon oncle – et Raúl Castro, mon père. Certains disaient : « c’est une bitonga », c’est-à-dire, une « fille à papa », une personne jouissant d’une position privilégiée, qui n’avait pas le même train de vie que le reste de la jeunesse, en raison de ses liens familiaux. Cela me mettait dans une colère noire et je m’efforçais de faire tout ce que les autres faisaient en rejetant tout privilège ou favoritisme. Je n’ai jamais supporté ce qualificatif de bitonga, qui était extrêmement méprisant.
L’armée a donc créé les UMAP pour soutenir les processus de production. Mais la réalité fut différente. Le Ministère de l’Intérieur était chargé de gérer les groupes de marginaux et de « parasites », de les repérer et de les intégrer aux UMAP, par la contrainte et la force, car le service était obligatoire.
SL : Cette méthode semble pour le moins arbitraire.
MCE : Il faut reconnaitre que la façon de procéder a été pour le moins arbitraire et discriminatoire. Il y a eu des voix qui se sont élevées au sein de la société cubaine pour se prononcer contre ces mesures, parmi lesquelles celle de la Fédération des Femmes Cubaines, ainsi que de nombreuses personnalités. Les plaintes déposées par certaines mères de famille ont déclenché ce mouvement de protestation contre les UMAP.
SL : Qu’en était-il des homosexuels ? Ils ont été victimes de nombreux abus au sein des UMAP.
MCE : Au sein de cette société homophobe, dans ce contexte d’hégémonie masculine et virile, les autorités ont considéré que les homosexuels sans profession devaient intégrer les UMAP pour devenir de véritables « hommes ». Dans certaines UMAP, ces personnes ont été traitées avec les mêmes égards que tout le monde et n’ont pas été victimes de discrimination. Dans d’autres UMAP, où régnait l’arbitraire, les homosexuels étaient injustement séparés des autres jeunes. Il y avait donc le groupe des homosexuels et des travestis, le groupe des religieux et des croyants, le groupe des hippies, etc.… Un traitement particulier leur était réservé, avec des railleries quotidiennes et des humiliations publiques. En un mot, les discriminations qui existaient au sein de la société cubaine se sont faites plus vives, plus acerbes au sein des UMAP.
Il est certain que la création et le fonctionnement des UMAP ont été arbitraires. Ce fut la raison pour laquelle ces unités ont été définitivement fermées trois ans plus tard. Mais, encore une fois, je le répète, la situation des homosexuels dans le reste du monde était similaire, parfois pire. A l’évidence, cela ne justifie en rien les discriminations dont ont été victimes les homosexuels à Cuba.
SL : Quelle était la situation des minorités sexuelles dans le reste du monde ?
MCE : Il y a une étude extrêmement intéressante d’un chercheur américain David Carter sur les mouvements LGBT en Amérique latine et dans le reste du monde. Par exemple, dans notre continent, les homosexuels étaient impitoyablement pourchassés notamment sous les dictatures militaires.
Encore une fois, je le répète, il ne faut pas que cela nous empêche d’analyser avec un œil critique ce qui s’est passé à Cuba.
SL : Quelle a été la responsabilité de Fidel Castro dans la création des UMAP ?
MCE : Fidel Castro est comme Don Quichotte. Il a toujours assumé ses responsabilités en tant que leader du processus révolutionnaire. Par sa position, il considère qu’il doit prendre la responsabilité de tout ce qui s’est passé à Cuba, aussi bien les aspects positifs que les côtés négatifs. C’est une démarche très honnête de sa part, même s’il me semble que cela n’est pas juste, car il ne doit pas assumer seul la responsabilité de tous ces abus.
Ce n’est d’ailleurs ni juste ni proche de la vérité historique. C’était une époque où émergeait une société nouvelle avec la création de nouvelles institutions, au beau milieu d’agressions, de trahisons, de menaces contre sa vie personne – car je vous rappelle que Fidel Castro a été victime de plus de 600 tentatives d’assassinat. Ne pouvant s’occuper de tout, il a dû déléguer de nombreuses tâches
SL : Concrètement, quel est le lien de Fidel Castro avec les UMAP ?
MCE : Fidel Castro n’est pas à l’origine de la création des UMAP. En réalité, la seule relation que Fidel Castro a eue avec les UMAP a été lorsqu’il a décidé de les fermer, suite aux nombreuses protestations émanant de la société civile, et suite à l’enquête menée par la direction politique des Forces armées qui a conclu que de nombreux abus avaient été commis. A partir de cette date, il a été décidé de ne plus inclure les homosexuels dans le service militaire afin de leur éviter toute discrimination au sein d’un corps réputé pour son homophobie non seulement à Cuba, mais également à travers le monde. Là encore, on pourrait rétorquer qu’il s’agissait d’une nouvelle discrimination à leur égard mais leur incorporation aux forces armées avait été si néfaste en raison des préjugés existants, qu’il en a été décidé ainsi.
SL : Quelle était la position de votre père, Raúl Castro ?
MCE : J’ai souvent évoqué ce sujet avec mon père et il m’a expliqué qu’il était extrêmement difficile de faire tomber les préjugés sans une politique d’éducation. D’ailleurs, l’univers militaire reste encore aujourd’hui un monde très machiste à Cuba. Il est d’ailleurs connu que dans nos sociétés on rejette toujours ce qui est différent. Imaginez donc le contexte des années 1960.
A ce sujet, le CENESEX a lancé un programme de recherche sur les UMAP et nous sommes en train de recueillir les témoignages des personnes qui ont souffert de cette politique.
Salim Lamrani
Suite :
-« La lutte pour l’égalité et contre toutes les injustices est un devoir universel qui doit concerner l’ensemble des citoyens » (4/4)

Article original en portugais :
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).

mercredi 19 juillet 2017

Lutte des classes ou lutte symbolique?

Article publié sur le site de Benedikt Arden www.rebellium.info et qui remet en question la tactique du vandalisme dans le cadre de la lutte contre la gentrification.


Lutte des classes ou lutte symbolique ?

Le sujet fait polémique et les occasions n’ont guère manqué, car au moins 4 ou 5 fois par année à Montréal nous apprenons qu’un commerce se fait vandaliser en raison de cette question. J’ai bien sûr eu l’occasion de polémiquer sur le sujet à plusieurs reprises, mais je n’avais jamais perçu ce débat autrement que comme une erreur tactique due au manque d'expérience de certains militants trop épris de sensations fortes. Comme ces polémiques ne me semblaient pas particulièrement sérieuses et que celles-ci sont presque exclusivement internes à la gauche[1], je n’ai jamais cru bon d’en faire un article. Mais depuis la dernière « action directe » à l’encontre de l’épicerie 3734 du quartier St-Henri[2] en mai dernier, j’ai commencé à accepter l’idée que cette pratique devait réellement être considérée par bien des gens comme étant une bonne chose, car de plus en plus soutenu par des textes[3] se voulant sérieux. Malgré le fait que ce genre « d’action directe », en plus d’être nuisible sur le plan de la politique traditionnelle[4], soit totalement erronée du point de vue de la lutte des classes. Donc cette fois, je me dois de m’incliner devant l’actualité et revenir sur cette question qui me paraissait pourtant si simple il y a à peine 10 ans, mais qui se trouve à être aujourd’hui un vecteur de confusion chez ceux qui cherchent à s’attaquer à ce qui engendre l’injustice.

Mais d'abord, revenons aux faits. La lutte contre la gentrification n’est pas vieille, mais est tout de même le produit d’un processus qui lui est visible depuis plusieurs décennies. Pour faire court, disons que plusieurs quartiers ont historiquement été bâtis ou peuplés par les masses ouvrières dans les périodes d’industrialisation (pour Montréal, c’est surtout au court de la fin du 19e siècle). Ces secteurs pauvres, par définition, étaient bâtis pour être clairement distincts et séparés des secteurs bourgeois, pour des raisons que vous connaissez sans doute déjà. Après la Seconde Guerre mondiale, l’occident tout entier connut une croissance économique fulgurante (les Trente Glorieuses), ce qui, avec le concours d’une industrialisation accélérée, fit émerger chez nous une nouvelle élite francophone et une large classe moyenne. Cette industrialisation donna le coup de grâce au modèle de société rurale ultramontaine et fit augmenter de beaucoup la population urbaine, encore majoritairement pauvre. Le centre-ville de Montréal ayant à cette époque un très haut niveau de criminalité[5], c’est surtout les banlieues qui profitèrent de l’essor de ces années de croissance. C’est donc à partir de la génération suivante[6] que ce retour en ville de gens plus ou moins aisés fût initié. De manière modeste, il est vrai, ces nouveaux arrivants souhaitaient d’abord profiter de la baisse de la criminalité et des bas loyers, afin de se placer près du centre-ville, où les emplois avaient tendance à se centraliser[7]. On doit aussi ajouter à ces considérations que les divers paliers de gouvernement ont mis en place plusieurs plans de réaménagement urbain pendant les années 80, afin d’inciter de potentiels nouveaux arrivants[8] pour ainsi profiter des taxes que cet exode des banlieues et des régions pouvait engendrer.

C’est surtout à la fin des années 90 que ce que l’on appelle aujourd’hui « l’embourgeoisement des quartiers populaires » se fit le plus sentir, avec la troisième génération : les Y. Cette génération reconnue pour sa tendance artistique, son ouverture sur le monde et son côté passablement bohème fût le socle de ce que les Français, et nous par la suite, appellerons les « bobos », ou « bourgeois bohèmes ». Cette nouvelle classe sociale, sans être vraiment bourgeoise au sens strict du mot[9], est par contre friande du mode de vie urbain, de culture, des produits du terroir et d’écologie. C'est pourquoi les commerces du genre épicerie fine, produits équitables et boutiques/restaurants/bars thématiques et/ou artistiques ont émergé de cette population même, au cours des années 2000. Enfin, le terme de « bobo », d'ailleurs issu du vocabulaire de l’extrême droite française[10], définirait des citoyens qui se veulent engagés socialement, mais qui ne voudraient pas trop sacrifier de leur confort et qui donc se limitaient aux éléments surtout esthétiques (et consommables) du progressisme. Ce terme, comme vous l’avez compris, est évidemment péjoratif et a surtout pour objectif (pour la gauche) d’afficher le mépris des militants de terrain envers la « petite bourgeoisie[11]urbaine ». Les fameux « young urban professionals » diront certains.

Évidemment, l’espace de ces quartiers étant limités et le libre marché étant de rigueur dans notre civilisation néolibérale, les premiers quartiers embourgeoisés ont vite débordé sur les autres et de fil en aiguille, les quartiers défavorisés ont vite fait place aux quartiers « branchés » et les prix des loyers ont de ce fait explosé en peu de temps. Sauf exception de quelques îlots majoritairement composés de personnes issues de l’immigration, qui ne tarderont probablement pas non plus à suivre cette tendance. Évidemment, il y a encore peu de temps, il ne venait à personne de la gauche radicale de blâmer les « bobos » pour ces conséquences indirectes et même qu’il était reconnu que la base sociale de cette population était l’une des composantes de cette gauche radicale. À cette récente époque, la gentrification était surtout associée à une conséquence du néolibéralisme, qui réfute toutes organisations sociales et qui devait être combattu comme telle. Mais par un étrange processus, certains militants en sont aujourd’hui venus à blâmer les petits commerces de ces quartiers, comme principale source de l’effet pervers qu’occasionnent le « libre marché » et le néolibéralisme.

Or, il est pourtant notablement facile à intégrer que la concurrence entre multinationales est un mythe aussi « rationnel » que la résurrection du Christ ! Cette collaboration entre les divers acteurs du capitalisme engendre ce que Lénine dénonçait déjà en 1916[12], soit les cartels et les monopoles industriels. Groupes multiples, mais, à l’instar des leurs homologues du crime organisé, capables de s’entendre sur les prix et les pratiques commerciales. Ces cartels ayant de longue date colonisé les centres commerciaux, les jeunes entrepreneurs sont contraints la plupart du temps[13] aux commerces de « niches ». Soit le commerce dont les produits ont une survaleur non économique, comme le commerce équitable, écologique, biologique et de luxe. De cette façon, les commerçants peuvent utiliser l’éthique (dans le cas des produits équitables, bio, etc.) des habitants du quartier pour concurrencer les grandes bannières. C’est d’ailleurs l’un des points d’attraction qu’ont ces quartiers chez cette classe « bobo », comme je l’ai déjà mentionné. Et ceci, sans compter que ce type de pratique commerciale était depuis longtemps pratiquée par les communautés issues de l’immigration avant d’être imitée par ces populations.        
    
En plus du commerce, il y a de plus en plus de condos dans ces centres. Et là, on nage en terrain un peu plus connu, car la lutte contre la gentrification était auparavant centrée sur cette question. Mais comme pour le commerce, les habitations de ce type suivent les demandes de cette nouvelle population, car pour un grand nombre de ces Y, les logements locatifs sont perçus avec raison comme de l’usure. C’est pourquoi un grand nombre d’entre eux sont amenés à quitter leur ancien logement locatif (dont l’entretien est souvent négligé afin d’en augmenter les profits) pour aller se trouver un endroit dont la responsabilité leur revient. C’est d’ailleurs de cette façon que les quartiers avoisinants se font coloniser par cette population. Soit en quittant un logement souvent trop cher, pour emménager dans un condo dans un quartier moins cher (ce qui contribue évidemment à en augmenter le coût global). Comme pour le commerce, c’est souvent en passant par des pratiques responsables sur le plan individuel que les effets gentrificateurs se font le plus sentir et il n’est guère pertinent de juger les gens qui font ces choix, car, sauf à vouloir attendre le grand soir de la révolution sociale, ceux-ci ne peuvent choisir qu’entre ces deux types d’habitations. Les logements sociaux étant bien évidemment réservés aux familles les plus pauvres.

À partir de maintenant, le décor est planté et il nous est déjà possible de voir ce qui cloche dans « l’action directe » de nos militants anti-embourgeoisement. Selon les dires de leurs défenseurs, il ne serait pas question de nier la bonne conscience progressiste des acteurs de ce problème, mais de leur faire comprendre (par des actes bien peu diplomatiques) qu’ils rendent la vie impossible aux premiers habitants (les pauvres) de par leurs trains de vie sardanapalesque (bio, équitable, etc.). D’après Fred Burrill[14], il ne serait pas non plus question de justifier la présence des multinationales, mais de simplement reconnaître qu’ils offrent les produits dont les pauvres auraient besoin (McDonald, Dollorama, Insta-Chèques, dépanneurs à bière, prêteurs sur gages, tavernes à machine à sous, etc.). Pour les logements, l’argumentaire est passablement le même, soit ne pas vanter le système locatif classique, même si tacitement soutenu, tout en réclamant des logements sociaux, car l’accès aux condos ne serait pas envisageable pour cette population.        

La première chose que l’on note dans cette rhétorique, c’est que malgré son « ni-ni »[15], il y a quand même des effets qui se démarquent clairement en faveur de l’une des parties, car ceux qui en font les frais sont bien sûr les plus faibles des deux. Il est, comme vous savez, beaucoup plus facile de s’attaquer aux petits commerces et aux habitations que de faire grand tort aux franchises de multinationale et aux rentiers du logement des beaux quartiers. Ensuite, ces attaques se veulent surtout « symboliques » et, de ce fait, visent les commerces ayant surtout une « apparence bourgeoise » et ceci sans vraiment tenir compte de ce que signifie le concept de « bourgeoisie ». Ces commerces « d’apparence bourgeoise » sont, comme nous l’avons vu, basés sur la survaleur non économique pour exister, mais comme ils ne sont pas le fruit d’un choix véritable, mais d’une nécessité issue du cadre économique néolibéral actuel, et que, de surcroît, il soit basé sur des offres de consommation se voulant généralement plus responsables[16]. Il est difficile de ne pas y voir un support objectif au commerce le plus immonde qui existe, soit le commerce de la pauvreté. Car, si cette industrie offre, il est vrai, des produits de consommation plus abordables aux « consommateurs pauvres », celle-ci le fait bien évidemment sur le dos des « travailleurs pauvres », qui (sans parler des esclaves du tiers monde) sont bien souvent la même personne !

Car le commerce de la pauvreté est un cercle vicieux où le travailleur pauvre et le consommateur pauvre sont souvent le même, mais où le second (par schizophrénie sociale) ne respecte pas l’intérêt de classe du premier. Donc répudier le commerce « bobo » est une façon de valoriser l’intérêt du consommateur pauvre au détriment de son intérêt de classe, en tant que travailleur pauvre. Car le niveau de retombée économique de ce genre de commerce est incontestablement supérieure d’avec celui des Walmarts, Dollorama, etc[17]. Par ailleurs, il n’est pas ici question de prétendre, comme le font les néopoujadistes, qu’il y aurait une différence de nature entre petit et grand commerce et qu’il faille revenir aux petits commerces d’antan pour plus de justice. Mais de démontrer que de combattre le petit commerce de niche revient à montrer que l’on ne comprend pas du tout le monde dans lequel on vit et donc que l’on n’est aucunement en mesure de se battre pour l’améliorer concrètement. Comme vous le savez surement déjà, les multinationales ont depuis longtemps compris que leur intérêt était de séparer l’égoïsme du consommateur de son intérêt de classe en tant que travailleur(se), car le premier est le pire ennemi du second. Mais de voir des militants se revendiquant de l’anticapitalisme ne pas voir cette évidence, relève de l’exploit ! Et je ne parle pas de toute la vanité avec lequel ces analystes du dimanche vantent leurs analyses « macroéconomiques » uniquement composées de consommateurs et de commerces !  

Encore une fois, je ne prétends pas que le petit commerce serait la voie du socialisme, mais bien de souligner que le petit commerce engendre beaucoup plus de retombées à l’ensemble du peuple (et donc des plus pauvres) que toutes ces grandes bannières qui appauvrissent le peuple tout en s’en nourrissant. Il est donc absurde de croire que de combattre le commerce de niche (souvent local et écologique), en évoquant le pouvoir d’achat des classes les plus défavorisées, quand celles-ci engendrent objectivement plus de richesse et d’emploi que les grandes chaînes. De plus, il est patent de voir que toute cette question évacue le problème central qu’est la question du revenu ! Car c’est précisément la logique d’optimisation du capital variable[18] qui engendre la pauvreté extrême et non pas le prix des objets de consommation. De ce point de vue, il est certes pertinent de dénoncer l’embourgeoisement artificiel des grandes villes par les politiciens et les entrepreneurs, mais pas au prix d’un irresponsable combat contre la basse classe moyenne. La seule chose utile à faire (hors de la politique et de la révolution, qui n’est pas à l’ordre du jour), si l’on tient à cœur l’intérêt des classes pauvres, est de lutter pour l’augmentation des salaires[19] (et/ou le salaire minimum à vie[20]),l’augmentation des services sociaux ainsi que tous autres types de pression contre les mesures d’austérité. Et ceci, tout en revendiquant plus de logements sociaux, comme le fait le FRAPPU depuis longtemps. En dehors de ces actions concrètes, la guerre au capitalisme reste le point fixe de notre horizon. Mais de se laisser aller vainement à une lutte de classe factice entre sous-prolétariats et classe moyenne urbaine, autrement-dit entre ceux qui peuvent se payer des saucisses bio ou pas, relève d’un confusionnisme tout à fait détestable.

Benedikt Arden (août 2016) 



[1] Toutes les tendances de droite sont évidemment unies pour condamner ce genre d’action.
[4] Rares sont les citoyens de ces quartiers et de l’ensemble de la population qui approuvent ce genre d’action, même si certains en comprennent les motivations et aucun parti de gauche ne s’en revendique. Ces actions ont donc comme seul effet de donner du grain à moudre aux démagogues réactionnaires et faire bifurquer les débats centraux, vers ce genre d’évènements.
[5] Dû pour une bonne part à l’augmentation de la population de jeunes, la hausse de la richesse générale (autrement dit, des magots), ainsi qu’à l’effondrement de l’influence de l’Église. http://classiques.uqac.ca/contemporains/cusson_maurice/cycles_criminalite_securite/cycles_criminalite_securite_texte.html#cycles_criminalite_2_3
[6] La génération X pour faire simple.
[7] Les années 80-90 se caractérisent par un déclin de l’industrie des secteurs premiers des régions, d’une hausse du prix de l’essence et d’un centralisme métropolitain issu des mécaniques de la nouvelle mondialisation économique, qui culminera avec l’ALÉNA.
[8] Immigrants d’autre pays comme d’autre région ou de ville.
[9] Cette classe est souvent issue du salariat des services gouvernementaux (hôpital, école, fonction publique, etc.) et du haut tertiaire (sièges sociaux, gestion, publicité, technologie, etc.) et non pas des propriétaires de moyen de production. 
[10] D’abord utilisé par le philosophe Michel Clouscard dans les années 70, le terme fût repris par Alain Soral dans les années 90, puis popularisé dans le langage de l’extrême droite dans les années 2000.
[11] J’emploie ce terme ici au sens que ces militants l’utilisent et non dans son sens exact.
[12] L'impérialisme, stade suprême du capitalisme
[13] Exception faite des nouvelles technologies.
[15] Ni l’un ni l’autre.
[16] Il est vrai que le commerce équitable n’est pas toujours si équitable, mais une grande partie des produits locaux le sont incontestablement.
[17] Via une interprétation plus réaliste du principe libéral du « ruissellement des richesses ».
[18] L’on doit mettre de côté la question des personnes assistées sociales, qui sont une autre question.
[19] Comme dans le cas de la très pertinente campagne de 15plus.org

source de l'article: http://www.rebellium.info/2016/08/lutte-des-classes-ou-lutte-symbolique_3.html

samedi 18 mars 2017

Sortir de la Terreur médiatique.

Article d'Alexandre Cormier-Denis président d'Horizon Québec Actuel, un groupe patriotique québécois, au sujet de l'hystérie médiatique entourant la visite d'un cadre du Front National au Québec, Loup Viallet. Le lien pour l'article original se trouve ici: https://www.horizonquebecactuel.com/single-post/2017/03/09/Sortir-de-la-Terreur-m%C3%A9diatique

Sortir de la Terreur médiatique 
par Alexandre Cormier-Denis

Dans son article de dimanche dernier dans le Journal de Montréal, l’ancien syndicaliste Réjean Parent revient sur la polémique entourant la rencontre entre le président de la Société Saint-Jean-Baptiste Maxime Laporte et le président du Collectif Mer & Francophonie, également délégué à la prospective du Front National, Loup Viallet ainsi que moi-même. Dans son billet paru sur le Journal de Montréal, M. Parent insinue que j’aurais des penchants d’ « extrême-droite » en raison des liens entre Horizon Québec Actuel dont je suis président et le Front National de Marine Le Pen. 

À l’encontre de ce que M. Réjean insinue, Mme Le Pen n’est pas la dirigeante d’un parti d’extrême-droite. Du reste, le bureau des élections françaises comptabilise les voix pour l’extrême droite à 0,2% des électeurs alors que Mme Le Pen est créditée de presque 30% d’intention de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Loin de l’antiparlementarisme constitutif de l’extrême-droite, le Front National défend la souveraineté populaire et souhaite faire reposer ses réformes sur un processus démocratique que nous connaissons bien : le référendum. 

Un chef d'État qui souhaite consulter son peuple ? « POPULISTE ! » répondent les médias de masse. 

Afin que les Québécois comprennent bien les liens qui unissent les souverainistes des deux rives de l’Atlantique, rappelons que les Français se sont fait déposséder de leur souveraineté à l’intérieur de l’Union européenne. Alors qu’ils avaient majoritairement rejeté la Constitution européenne par référendum en 2005, M. Sarkozy leur a imposée deux ans plus tard. 
Tiens donc ! 

Un peuple ligoté par une constitution dont il ne voulait pas ? Cela devrait rappeler de biens mauvais souvenirs à tous les Québécois. Contrairement à ce qui a été dit par les commentateurs médiatiques, le combat de Marine Le Pen et celui du mouvement souverainiste québécois se recoupe sur de nombreux points : 

Remettre la Nation au centre de la vie démocratique des États.

Défendre la langue française face à l’anglomanie des élites mondialisées. 

Faire de la francophonie une priorité diplomatique afin d’assurer l’équilibre multipolaire du monde

En finir avec le dogme de l’immigration massive imposé par des élites afin de faire pression par le bas sur les salaires. 

Défendre les petites et moyennes entreprises par des mesures économiques patriotes et dynamiques. 

Mettre fin aux pressions des fondamentalistes islamistes qui instrumentalisent nos systèmes juridiques et politique afin de faire pression sur nos sociétés respectives. 

Le mouvement souverainiste devrait d’ailleurs se réjouir de voir la montée fulgurante de la candidate présidentielle française qui sera la plus favorable à reconnaître un Québec souverain. 

Alors que nous fêterons bientôt le cinquantième anniversaire de la célèbre déclaration du Général de Gaulle à l’hôtel de ville de Montréal, les Québécois lucides s’inscrivent dans l’esprit de résistance qui l’animait. En espérant que M. Parent sorte bientôt de la « trudeauisation des esprits » dont il est victime, nous continuerons à développer l’amitié des souverainistes québécois et français.

dimanche 4 décembre 2016

Le réveil des Nations-Les mondialistes sur la défensive

Un article de Philippe Plamondon, tiré du site d'Horizon Québec Actuel, une organisation québécoise nationaliste et anti-mondialiste. Leur site web se trouve à l'adresse suivante: www.horizonquebecactuel.com 

Le réveil des Nations - Les mondialistes sur la défensive







par Philippe Plamondon

Comme la plupart des Québécois - peuple politiquement traumatisé par ses échecs référendaires - j'ai été très surpris de la victoire du Brexit. Pourtant, la propagande fédéraliste britannique avait mis le paquet. Face aux menaces les plus caricaturales les unes que les autres, la Grande-Bretagne des oubliés s'est prononcée en faveur du Leave. Imaginez, les Britanniques qui ne faisaient même pas partie des accords de Schengen - accord sur la libre circulation des personnes et des services - et qui n'ont pas l'Euro comme monnaie ont souhaité quitter l'Union européenne (UE). Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi les élites européennes - et notamment françaises - ne veulent pas de référendum sur la question européenne, car ils risquent fort de perdre leur combat.

Quelques semaines plus tard, lors d'une élection régionale, ce fut la débandade d'Angela Merkel dans son propre fief du nord-est de l'Allemagne au profit de la pétillante Dre Frauke Petry et de son parti patriote Alternative für Deutshland (Alternative pour l'Allemagne, AfD). D'ailleurs, si un pays a fait les frais de la mondialisation sauvage, c'est bien l'Allemagne. La catastrophe des viols du jour de l'an dans plusieurs villes allemandes - dont le cas de Cologne a été le plus médiatisé - a fait ralentir l'ardeur des pasteurs de l'immigrationnisme le plus décomplexé. Suite à l'arrivée de plus de 1.3 million de migrants en un an seulement, il faut souhaiter que Mme Merkel se fasse montrer la porte lors des élections de 2017. 


Vues du Québec, les élections américaines ont semblé interminables. Au début de la course, Donald Trump a été perçu comme une blague, comme un divertissement. « Impossible qu'il devienne le candidat du Parti républicain des États-Unis », nous a-t-on répété pendant de longs mois. Pourtant, le marginal, l'« outsider » au teint orangé et aux déclarations proches du peuple a battu la dizaine de candidats de l'establishment républicain avec brio. Plus The Donald dérapait, plus monsieur et madame Tout-le-Monde se reconnaissaient en lui. «Impossible qu'il devienne président des États-Unis», nous a-t-on encore répété ad nauseam pendant des semaines.

Au lieu de se contenter de nous rapporter une information juste et sensée, les sondeurs, les soi-disant spécialistes et les journalistes à deux cents se sont humiliés dans une hystérie collective militante pro-Clinton, comme si cela allait de soi ; comme si voter pour Mme Clinton constituait le choix évident et naturel de toute personne intelligente.

Qu'a-t-on vu ?

Les perdants de la mondialisation ont voté pour le candidat de l'enracinement, du protectionnisme et du retour aux frontières. Et ils ont gagné.

Depuis le Brexit et l'élection de Trump, les chantres de la mondialisation heureuse ont la gueule de bois, et ce n'est qu'un début. Le 4 décembre prochain se tient la présidentielle autrichienne, où nous risquons de célébrer la victoire de Norbert Hofer issu du Freiheitliche Partei Österreichs (Parti de la Liberté d'Autriche, FPÖ), parti patriote eurosceptique opposé à l'immigration de masse.

Le même jour, les Italiens participeront au référendum sur la réforme constitutionnelle proposée par le premier ministre Mateo Renzi. Ce politicien libéral et européiste a déjà affirmé qu'il quitterait son poste en cas de victoire du « No », ce qui a fait grimper les intentions de vote en défaveur de la réforme constitutionnelle. Le référendum du 4 décembre portera donc beaucoup plus sur M. Renzi que sur la réforme en tant que telle. Nous risquons encore une fois d'assister à la défaite du camp mondialiste.

La dernière pièce en date du puzzle, c'est évidemment la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle française au printemps 2017. Déjà largement en tête dans tous les sondages où elle se qualifie pour le deuxième tour, Mme Le Pen est la seule candidate souverainiste patriote à proposer une alternative crédible au désastre politique, social et économique qui afflige la France. Sa victoire signifierait une défaite catastrophique pour le fédéralisme européen et permettrait de relancer une politique étrangère française indépendante de celle de l'OTAN. 


La petite caste libérale de gauche ou de droite au pouvoir ainsi que les médias de masse prennent leur rêve progressiste planétaire pour une réalité. Face à la perte de crédibilité dont ils sont victimes, ils se mettent désormais à injurier le peuple qui ne vote pas comme prévu. Au lieu de se mentir entre eux et de s'humilier à la face du monde, ils devraient prendre acte du fait que nous ne sommes plus dans les années 1990 au lendemain de la chute du mur de Berlin. Le rêve d'un monde sans frontières, autorégulé par les forces d'un marché libre et transparent amenant la prospérité et la liberté pour tous, où les États-nations ne seraient que des reliquats du passé, est en train de se décomposer devant nos yeux.

L'État-nation fait un retour assuré dans l'Histoire

L'hégémonie mondialiste et libérale amorce officiellement sa dégringolade tant attendue par tous les patriotes lucides. Les militants de l'immigration massive, les intégristes du libre-marché et les fondamentalistes du multiculturalisme en ont pour leur rhume. Espérons que les souverainistes du Québec sauront prendre la balle au bond et capitaliser sur le réveil national qui secoue l'Occident dans son entièreté.